Malgré tous les efforts du gouvernement actuel pour tenter d'intéresser les citoyens tunisiens à la protection de l'environnement, plus de la moitié d'entre eux n'accordent aucune attention à la question, selon une enquête d'un type nouveau qui vient d'être publiée par le Parti vert.
Pour marquer la Journée nationale de la propreté et de la protection de l'environnement, le vendredi 11 juin, le Président Zine El Abidine Ben Ali a inauguré une
installation de récupération d'énergie de déchets organiques et déclaré qu'il était déterminé à diversifier les sources d'énergie et à créer des "zones vertes" dans tout le pays.
Mais le sondage publié le 5 juin à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement montre que le message du gouvernement n'atteint pas sa cible escomptée.
Plus de 62 pour cent des personnes interrogées n'ont jamais entendu parler du Parti vert en Tunisie, créé en 2005 et qui détient cinq sièges au parlement. Soixante-deux pour cent des sondés ignorent totalement les problèmes locaux ou internationaux de l'environnement.
Les Tunisiens ne tiennent compte d'aucune considération écologique lors de leurs achats, révèle par ailleurs ce sondage. Ils expliquent que la décision d'achat est motivée par le prix et la qualité des produits, et que l'éco-label n'intervient qu'en troisième position. Seuls 4,4 pour cent des répondants, de tous âges et de toutes catégories socio-économiques, sont intéressés par le fait de savoir si les produits sont purifiés ou étiquetés comme ne contenant aucun produit chimique.
L'objectif de ce sondage était "d'adopter une approche moderne pour traiter de la question politique et de l'écosystème national", a expliqué le secrétaire général du Parti vert, Mongi Khamassi, à Magharebia. "C'est l'une des voies de la participation dans une démocratie."
"Nous devons adopter une nouvelle approche aux actions de proximité auprès des citoyens pour savoir quelles sont leurs attentes. La manière de penser a changé du fait de la mondialisation, et nous devons nous adapter à ce changement", a-t-il expliqué, ajoutant que son parti tente de "discuter et d'échanger des idées sur les problèmes environnementaux".
Le niveau d'éducation et le statut professionnel détermine largement le niveau d'intérêt que les Tunisiens manifestent pour l'environnement. Plus de 45 pour cent des personnes interrogées s'identifiant elles-mêmes comme "très sensibles" à la question disposent en effet d'un niveau élevé d'éducation.
Le lieu de résidence est également un facteur essentiel dans cette sensibilisation. Selon cette enquête, l'intérêt pour les questions environnementales est plus élevé dans le nord, malgré le fait que l'environnement est une préoccupation critique dans des régions industrielles du sud comme Gafsa.
Ce sondage a demandé aux Tunisiens de choisir trois questions environnementales les plus importantes pour eux, dans une liste de dix. La pollution de l'air est arrivée largement en tête, avec 57 pour cent des résultats, suivie de la rareté des ressources en eau (43,4%) et de la destruction des paysages (36,1%). L'enquête montre également que moins de la moitié d'entre eux sont favorables à l'utilisation de l'énergie nucléaire (46%). Les adversaires de la construction d'une centrale nucléaire pour fournir de l'électricité (11%) ont un niveau d'éducation et un salaire élevés.
"La protection de l'environnement relève de la responsabilité de chaque citoyen, de la société civile et du gouvernement", a déclaré Faten Charkaoui, représentante du Parti vert au parlement. "La réponse aux problèmes de l'environnement est une question urgente qui doit retenir l'attention à court et à long termes."
Contrastant avec les résultats de cette enquête, les Tunisiens que Magharebia a rencontrés ont expliqué que plus d'efforts devaient être faits en matière d'environnement.
Saida Ellefi, ménagère dans un quartier de classe moyenne, s'est dite peu surprise par les résultats du sondage.
"Les gens ne savent pas comment se débarrasser de leurs ordures", explique-t-elle. "Ils les jettent en-dehors des endroits désignés."
"Ces résultats négatifs sont à porter au débit des autorités", explique Salem Hidri, responsable dans un institut privé. "Ils affirment vouloir interdire l'usage du plastique dans les épiceries, mais ils ne s'intéressent pas aux fabricants de plastique."
Le sociologue tunisien Mohamed Jouilli ne trouve rien de surprenant à ce que l'environnement se classe aussi bas dans la liste des préoccupations des gens.
"La question de l'environnement ne représente pas encore un mouvement social, notamment parce que la société a d'autres priorités telles que le chômage, la religion, l'identité et l'éducation", explique-t-il. "L'environnement est donc encore considéré, dans une certaine mesure, comme un luxe."
Jamel Arfaoui (Magharebia )
Pour marquer la Journée nationale de la propreté et de la protection de l'environnement, le vendredi 11 juin, le Président Zine El Abidine Ben Ali a inauguré une
installation de récupération d'énergie de déchets organiques et déclaré qu'il était déterminé à diversifier les sources d'énergie et à créer des "zones vertes" dans tout le pays.Mais le sondage publié le 5 juin à l'occasion de la Journée mondiale de l'environnement montre que le message du gouvernement n'atteint pas sa cible escomptée.
Plus de 62 pour cent des personnes interrogées n'ont jamais entendu parler du Parti vert en Tunisie, créé en 2005 et qui détient cinq sièges au parlement. Soixante-deux pour cent des sondés ignorent totalement les problèmes locaux ou internationaux de l'environnement.
Les Tunisiens ne tiennent compte d'aucune considération écologique lors de leurs achats, révèle par ailleurs ce sondage. Ils expliquent que la décision d'achat est motivée par le prix et la qualité des produits, et que l'éco-label n'intervient qu'en troisième position. Seuls 4,4 pour cent des répondants, de tous âges et de toutes catégories socio-économiques, sont intéressés par le fait de savoir si les produits sont purifiés ou étiquetés comme ne contenant aucun produit chimique.
L'objectif de ce sondage était "d'adopter une approche moderne pour traiter de la question politique et de l'écosystème national", a expliqué le secrétaire général du Parti vert, Mongi Khamassi, à Magharebia. "C'est l'une des voies de la participation dans une démocratie."
"Nous devons adopter une nouvelle approche aux actions de proximité auprès des citoyens pour savoir quelles sont leurs attentes. La manière de penser a changé du fait de la mondialisation, et nous devons nous adapter à ce changement", a-t-il expliqué, ajoutant que son parti tente de "discuter et d'échanger des idées sur les problèmes environnementaux".
Le niveau d'éducation et le statut professionnel détermine largement le niveau d'intérêt que les Tunisiens manifestent pour l'environnement. Plus de 45 pour cent des personnes interrogées s'identifiant elles-mêmes comme "très sensibles" à la question disposent en effet d'un niveau élevé d'éducation.
Le lieu de résidence est également un facteur essentiel dans cette sensibilisation. Selon cette enquête, l'intérêt pour les questions environnementales est plus élevé dans le nord, malgré le fait que l'environnement est une préoccupation critique dans des régions industrielles du sud comme Gafsa.
Ce sondage a demandé aux Tunisiens de choisir trois questions environnementales les plus importantes pour eux, dans une liste de dix. La pollution de l'air est arrivée largement en tête, avec 57 pour cent des résultats, suivie de la rareté des ressources en eau (43,4%) et de la destruction des paysages (36,1%). L'enquête montre également que moins de la moitié d'entre eux sont favorables à l'utilisation de l'énergie nucléaire (46%). Les adversaires de la construction d'une centrale nucléaire pour fournir de l'électricité (11%) ont un niveau d'éducation et un salaire élevés.
"La protection de l'environnement relève de la responsabilité de chaque citoyen, de la société civile et du gouvernement", a déclaré Faten Charkaoui, représentante du Parti vert au parlement. "La réponse aux problèmes de l'environnement est une question urgente qui doit retenir l'attention à court et à long termes."
Contrastant avec les résultats de cette enquête, les Tunisiens que Magharebia a rencontrés ont expliqué que plus d'efforts devaient être faits en matière d'environnement.
Saida Ellefi, ménagère dans un quartier de classe moyenne, s'est dite peu surprise par les résultats du sondage.
"Les gens ne savent pas comment se débarrasser de leurs ordures", explique-t-elle. "Ils les jettent en-dehors des endroits désignés."
"Ces résultats négatifs sont à porter au débit des autorités", explique Salem Hidri, responsable dans un institut privé. "Ils affirment vouloir interdire l'usage du plastique dans les épiceries, mais ils ne s'intéressent pas aux fabricants de plastique."
Le sociologue tunisien Mohamed Jouilli ne trouve rien de surprenant à ce que l'environnement se classe aussi bas dans la liste des préoccupations des gens.
"La question de l'environnement ne représente pas encore un mouvement social, notamment parce que la société a d'autres priorités telles que le chômage, la religion, l'identité et l'éducation", explique-t-il. "L'environnement est donc encore considéré, dans une certaine mesure, comme un luxe."
Jamel Arfaoui (Magharebia )





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