Tunisie bac 2010 : Début des épreuves pour les candidats au bac



Le rue menant à l''école Imam Mouslim d''El Menzah était encombrée de voitures, mercredi 9 juin, alors que les parents amenaient leurs enfants pour le premier jour des épreuves.
Les candidats s''étaient regroupés en cercles pour parler de leurs révisions et de leurs pronostics sur le sujet de philosophie. La plupart étaient bien habillés, comme si ces examens étaient une fête pour les familles tunisiennes.
Les quelque 513 centres d''examen du pays ont accueilli 139 147 candidats, mercredi, dont 43,03 pour cent de garçons et 56,97 pour cent de filles. Les épreuves se poursuivront jusqu''au 16 juin, à l''exception de samedi et dimanche. La session de rattrapage sera organisée du 28 juin au 1er juillet.
Les correcteurs se réuniront dans 31 centres de notation, et annonceront les résultats le 26 juin. Les résultats de la session de rattrapage seront communiqués le 10 juillet.

Les candidats proviennent d''une multitude de filières. La filière littéraire et artistique se taille la part du lion, avec 33,67 pour cent des candidats, suivie de la section des sciences expérimentales (18,53%), économie et gestion (18,04%), maths (11,11%), sciences des médias (9,51%), sciences techniques (8,80%) et sport (0,35%).Tunisie bac 2010 : Début des épreuves pour les candidats au bac
Mohamed Troudi, 21 ans, a expliqué à Magharebia qu''il s''était bien préparé et ne redoutait pas l''échec.
"J''ai révisé la philosophie jusqu''à la veille de l''examen. Ce sujet n''est pas très important pour moi, parce que je suis en sciences techniques", plaisante-t-il.
Il a expliqué vouloir suivre "à la lettre" les interdictions détaillées concernant la fraude mentionnées dans le guide distribué par le ministère de l''Education, parce qu''il n''a pas l''intention de prendre un quelconque risque "pour une tentative vouée à l''échec".
Oudai Zaaferani, élèves de 19 ans en sciences techniques, explique être prêt pour l''examen, malgré la tension qu''il considère comme naturelle.
"Ce que je redoute le plus, ce sont les sujets artistiques, parce que je n''y ai pas accordé la même attention qu''à mon sujet principal lors de mes révisions", explique-t-il.
Malek Ben Chaheda, un candidat en section mathématiques, affirme ne pas craindre l''examen de philosophie. "Je suis plutôt inquiet pour mes matières principales, parce qu''elles sont la clé du succès."
Il a expliqué à Magharebia s''être bien préparé pour l''examen, pour "assurer des résultats satisfaisants".
Ala Mahdi, une candidate de 18 ans en maths, a également expliqué à Magharebia s''être bien préparée, sans parvenir toutefois à cacher une expression d''inquiétude visible dans les yeux.
"Ma famille s''attend à ce que je fasse des merveilles parce que j''ai eu de bonnes notes pendant toute l''année", explique-t-elle, ajoutant qu''elle redoute les sujets littéraires et trouve des matières comme la philosophie difficiles à assimiler.
Hedia, la mère d''Ala, a pris sa journée pour venir soutenir sa fille et la conduire à l''examen. Elle a également préparé le repas chez elle, pour que sa fille puisse rentrer manger avec sa famille entre les épreuves.
L''Association des mères tunisiennes a organisé la Baraka annuelle, au cours de laquelle les mères du pays préparent des desserts faits maison et des boissons qu''elles apportent aux candidats.
"Cela renforce le moral des candidats et rassure les parents", explique la présidente du comité de l''éducation de cette association, Ramla Chemli.
Khalil Bou Hajeb, un médecin qui a conduit sa fille au centre d''examen, a expliqué à Magharebia qu''il considérait cette journée comme n''importe quelle autre.
"Lorsqu''un parent a un diplôme de l''université, il sait comment gérer ses enfants dans de telles situations", explique-t-il, ajoutant qu''il était lui aussi passé par là. "Un bon élève reste bon, et il n''y a pas de raison de s''inquiéter de ses résultats."
La fille de Noureddine Yaakaboui, qu''un érythème lié à une allergie empêche d''écrire, s''est vu attribuer un assistant pour inscrire ses réponses et dispose de 30 pour cent de temps en plus pour terminer les épreuves.
"Je suis inquiet pour ma fille, parce qu''elle n''est pas en bonne condition physique et psychologique, malgré nos efforts pour l''aider à passer cet examen", a-t-il expliqué avant le début des épreuves.
Un candidat est assis au fond d''une salle d''examen vide, à l''exception de deux surveillants, qui ont expliqué que cet élève, qui a refusé de parler à Magharebia, souffre d''un handicap qui l''empêche d''écrire à la vitesse habituelle. Lui aussi dispose de 30 pour cent de temps en plus pour terminer.
"Quand je regarde [cet élève] passer l''examen dans des conditions spéciales, je me sens gratifiée d''avoir fait mon travail en tant qu''éducateur", explique Salwa Ben Noamen Besaisse, l''une des surveillantes.
"Le ministère a pris des mesures exceptionnelles pour certains candidats, qui sont 229 au total, dont huit sont en prison, quatre dans des institutions médicales, et les autres passent des sujets littéraires en français", explique Mongi Akroute, directeur général du service de l''enseignement au ministère de l''Education, à Magharebia.
Parmi les autres mesures destinées à aider les élèves ayant des besoins spéciaux, des feuilles d''examen en gros caractères et des salles spécialement réservées pour eux.
"L''aspect le plus intéressant de cette session a été le lancement d''une campagne visant à lutter contre la fraude dans les salles d''examen", explique Akroute.
Le ministère a installé 400 détecteurs de métaux dans les centres d''examen pour empêcher les candidats d''apporter des appareils à haute technologie comme des téléphones portables qui peuvent être utilisés pour tricher.
"Les téléphones portables sont strictement interdits dans les salles d''examen, et les contrevenants seront punis", ajoute-t-il.
Houda Trabelsi (Magharebia)


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