Tunisie : les candidats au bac entrent dans leur dernière semaine de révisions



Mohamed Ali Manaai, candidat au baccalauréat, est collé à sa chaise, les yeux rivés sur ses livres. Personne ne se permet de le déranger hormis sa mère, qui l''invite à prendre une collation occasionnelle ou à faire une courte pause.

Et c''est le cas, cette semaine, de tous les élèves de Tunisie, face aux examens du bac du 9 juin qui se rapprochent rapidement. Les candidats font une course contre la montre, espérant pouvoir s''attarder sur chaque cours étudié en classe, afin de se garantir une place à l''Université.


La pression, motivée par les ambitions personnelles et le désir de faire honneur à la famille, est énorme ; et de ce fait, de nombreux élèves choisissent de passer ces dernier jours à travailler dans un cadre relaxant, à l''écart des nombreuses distractions offertes par la vie quotidienne.

Et pour Manaai, cette pression n''est pas différente. Elève en technologie à Mégrine, il a presque reçu une "bonne" note lors du second trimestre et il travaille avec assiduité pour livrer le meilleur de lui-même lors des examens du bac.

Il déclare que cette période de l''année est critique, parce qu''elle peut décider de la destinée de chacun. Les familles adoptent donc des routines nouvelles - pas de télévision, pas de soirées interminables, pas de vacarme. L''anticipation rend tout le monde nerveux.

Manaai travaille dix heures par jour, ce qui constitue suffisamment de temps, selon lui, pour couvrir l''ensemble du programme. Il dit que travailler davantage ne serait d''aucune utilité, en raison de la fatigue et de la déconcentration qui en résulte.

Mohamed Ali ne prend aucune boisson stimulante afin d''améliorer sa concentration, le thé et le café pouvant le fatiguer. Il lutte au contraire contre l''épuisement en consommant des sodas ou des fruits.

Il souligne aussi l''importance de l''organisation et d''un temps bien géré, et déclare que les élèves doivent se montrer judicieux concernant l''importance relative des matières et les points qu''elles peuvent ajouter à la moyenne générale - et tout cela sans négliger le réel besoin, en cette période, de repos et de loisirs dont doivent jouir tous les élèves.

Après s''être levé à six heures du matin, Mohamed Ali travaille une heure avec son père. Il utilise alors sa fraîcheur d''esprit pour se consacrer aux mathématiques et aux sciences physiques, ces deux disciplines exigeant davantage de concentration que les autres. Les soirées sont dédiées à la technologie, matière qu''il révise avec son cousin, les deux jeunes gens faisant de leur mieux pour comprendre la teneur des cours, discutant de certains points obscurs et échangeant leurs connaissances.

Mohamed souligne le fait qu''il ne consacre guère de longues heures à la préparation des matières qui ne lui offriront qu''un point, comme les langues.

"Une seule journée est suffisante pour ces disciplines, parce qu''elles n''ont pas un grand impact sur la moyenne générale", dit-il. "Un élève doit seulement obtenir de bonnes notes dans les matières techniques essentielles, comme les maths ou les sciences physiques, pour être en mesure d''obtenir une note ''excellente''".

Mme Hathba, la mère de Mohamed Ali, dit à Magharebia qu''elle est inquiète pour son fils, nerveuse elle-même en cette période importante. C''est pourquoi elle l''assiste assidûment et fait de son mieux pour qu''il ait à sa disposition les outils nécessaires à sa réussite.

Pour son père, M. Elbahi, la période des révisions n''a rien de vraiment exceptionnel. Il dit que le bac, de nos jours, a "perdu de son importance".

Il affirme que passer le bac est devenu quelque chose d''ordinaire dans les familles tunisiennes, et que même ceux qui sont diplômés de l''enseignement supérieur restent sans emplois.

"C''est juste un examen ordinaire auquel on a donné une importance démesurée", déclare-t-il.

Cependant, Elbahi s''assure que son fils se repose assez pour être apte à consacrer tout son temps au travail.

Mohamed Ali dit que ce redoublement d''attention le mène seulement à se sentir plus responsable de lui-même, et renforce sa détermination à faire tout ce qu''il peut pour être agréable à ses parents. Alors que ce sont les médias qui le passionnent le plus, il a choisi de travailler pour une note ''d''excellence'' afin de pouvoir éventuellement obtenir une admission dans les plus grands instituts d''ingénierie - ce qui est le désir de ses parents.

Après avoir terminé ses examen, et au cas où il les obtienne, Mohamed Ali recherchera un travail d''été qui lui permettra d''épargner de l''argent pour ses études universitaires.
Monia Ghanmi (Magharebia)
Photo: Monia Ghanmi


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