Les femmes essentielles dans les initiatives vertes du Maghreb



Les femmes du Maghreb peuvent aider à "rendre plus verts" leurs pays à travers les choix qu'elles font dans le secteur de la consommation domestique, selon les participants réunis lors d'une conférence qui s'est tenue à Tunis, vendredi 28 mai.

Ces derniers se sont intéressés au rôle de la femme dans le développement des habitudes de consommation propres à stimuler le développement durable et l'environnement, et ils se sont penchés sur les recherches menées dans des zones préalablement étudiées, comme Tunis et le Caire.


"Les femmes ont un rôle important à jouer dans la préservation de l'environnement à travers le contrôle qu'elles exercent sur les achats familiaux", a déclaré Soukaina Bouraoui, Présidente du Centre des Femmes Arabes pour la Formation et la Recherche (CAWTAR).

La réunion, organisée à l'initiative du CAWTAR et de la Commission Européenne, a examiné des recherches déterminantes réalisées en Tunisie, en Egypte et en Italie.

Bouraoui a déclaré que les études menées en Europe sur les tendances de consommation indiquent que 77% des personnes interrogées choisissent leurs achats en fonction des spécifications environnementales communément admises.

Une autre participante, la professeure en sociologie Barbara Pantimelli, a dit que les femmes devraient avoir un accès plus grand aux postes de décisionnaires qui déterminent les approches de la société face aux problèmes posés par l'environnement.

Elle a appelé de ses voeux la création de lieux adaptés où les femmes pourraient être en mesure d'influencer davantage les publics sur les sujets liés à l'environnement. "Cela ne pourra se concrétiser sans l'aide des hommes, les maris, les décisionnaires, qui sont des hommes dans leur majorité", a ajouté Pantimelli, qui enseigne à l'Université de Rome.

Cette réunion organisée en Tunisie est un prolongement du Processus de Marrakech, lancé en 2003 à l'initiative de l'ONU et des pays arabes. Ce processus vise "l'établissement de nouveaux concepts de richesse et de prospérité qui permettent un meilleur niveau de vie, en changeant les modes de vie avec pour objectif une dépendance moindre par rapport aux ressources limitées de la terre".

Selon le rapport final émis par l'organisme Arab Regional Strategy for Sustainable Consumption and Production, la quantité des déchets solides urbains dans la région arabe devrait dépasser les 200 millions de tonnes par an en 2020.

Le rapport affirme un "lien clair entre le revenu per capita et le taux de production de déchets solides, ce qui signifie que l'élévation du Produit Intérieur Brut génèrera davantage encore de déchets".

Selon le rapport, environ 80% du total des déchets solides dans la région arabe est constitué de produits biodégradables et recyclables, reflétant les tendances de consommation et les pratiques de conditionnement. En moyenne, 50 à 60% des déchets solides sont d'origine organique, avec par ailleurs 10% de papier, 7% de plastique, 4% de verre, 4% de métaux et 4% de textiles.

Un autre participant de la réunion, Adel Hentati, spécialiste de l'environnement, a appelé les citoyens à changer leurs habitudes de consommation pour préserver l'équilibre environnemental, "en particulier au vu de ce à quoi nous assistons aujourd'hui en termes de changements climatiques et d'une désertification en essor".

Pour sa part, Zohra Mrabet, directrice de l'entreprise North-South Consultants Exchange, a déclaré que la recherche menée par son agence n'a mis en évidence qu'un faible niveau de sensibilisation dans la société égyptienne concernant le développement et la consommation durables.

Elle a toutefois dit à Magharebia que "les femmes ont un rôle crucial à jouer dans la gestion de la famille et dans les consommations personnelles et sociales".

Nedhir Hamada, Ministre tunisien de l'Environnement et du Développement Durable, dit que les femmes jouent un rôle dans les consolidations des habitudes, dans la "production durable et les méthodes de consommation," au sein de la société.

Hamada a salué les femmes des zones rurales "qui, malgré des conditions naturelles parfois difficiles...contribuent à la mise en oeuvre des programmes nationaux, comme la résistance au phénomène de la désertification, par l'utilisation rationnelle du bois en cuisine".

Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 28193

Mouna  (Tunisia)  |Mercredi 02 Juin 2010 à 09h 25m |           
C'est la femme rurale tunisienne qu'il faut féliciter car son rôle dans l'économie tunisienne est primordiale et il faut lui tirer un chapeau très bas.