La Tunisie veut déjouer les plans des fraudeurs au bac



Le ministère tunisien de l''''Education envisage de lutter contre les fraudeurs aux examens du baccalauréat par des mesures incluant le brouillage des téléphones portables et des campagnes de mise en garde contre les conséquences de la fraude.

La technologie moderne a été impliquée dans la majorité des quelque 385 cas de fraude recensés en 2009, indiquent les chiffres du ministère, et en avril, les responsables ont donc entamé les discussions avec les fournisseurs d''''accès aux services de téléphonie mobile pour empêcher de telles pratiques.


Un accord qui permettrait de bloquer tous les réseaux de téléphonie mobile dans tous les centres d''''examen est en cours de discussion, a indiqué à Magharebia le directeur des examens nationaux au ministère de l''''Education, Mongi Akrout.

Il a indiqué que cette initiative s''''inscrivait dans le cadre des efforts du ministère visant à supprimer toutes les tentatives de fraude faisant appel aux technologies modernes.

Les élèves contactés par Magharebia ont indiqué ne pas avoir entendu parler de cet accord de brouillage des téléphones, mais souhaitent qu''''il ne soit pas adopté.

"J''''ai convenu avec mon ami que nous réviserions ensemble les sujets de l''''examen d''''anglais pour pouvoir échanger des réponses pendant l''''examen par des SMS, mais dans ce cas, nous allons devoir imaginer autre chose", a expliqué un élève qui a souhaité se faire simplement appeler Islam.

Un autre a expliqué qu''''il existait d''''autres moyens modernes de tricher sans être connecté à un réseau mobile, sans pour autant entrer dans les détails, par crainte d''''être pris sur le fait.
La Tunisie veut de déjouer les plans des fraudeurs au bac
Ces élèves ont expliqué à Magharebia qu''''ils s''''étaient "habitués" à tricher lors des premières années de l''''école secondaire pour pouvoir suivre le rythme des cours, les différents sujets et économiser du temps de révision.

La crainte des autorités pour les tricheurs munis de téléphones portables reposent sur de cruelles expériences.

Il y a trois ans, les médias tunisiens avaient relaté comment une candidate de Kasserine avait caché un téléphone portable dans ses cheveux et comment les réponses lui avaient été fournies par un professeur à l''''extérieur du bâtiment. Et à Tunis, un élève avait réussi à prendre des photos des questions de l''''examen, à les envoyer à un complice et à recevoir les réponses par SMS.

Les méthodes de fraude à l''''ancienne sont encore populaires, si l''''on en croit le regain d''''activité dans les magasins de photocopieurs.

Les règles ministérielles stipulent que pour éviter toute mesure disciplinaire, les candidats doivent remettre leurs livres et leurs documents, sans oublier les appareils électroniques, à l''''entrée des salles d''''examen. Mais le propriétaire d''''un magasin a expliqué à Magharebia que les élèves lui demandaient de photocopier les cours en petites dimensions, suffisamment petites pour être dissimulées dans la paume de la main ou cachées dans les vêtements.

"Ils dépenses beaucoup d''''argent pour tricher, et ce phénomène n''''est pas spécifique aux candidats au bac ; il se retrouve à tous les niveaux de l''''éducation", a-t-il poursuivi.

Selon les règles du ministère, quiconque triche, tente de tricher ou d''''aider un autre candidat à tricher sera immédiatement exclu, qu''''il soit attrapé pendant les examens ou après. Une autre mesure qui peut s''''appliquer à ce type de délits est l''''interdiction de se représenter aux examens pendant cinq ans au maximum, et le renvoi de toute institution de l''''enseignement public.

Akrout a indiqué que sur les 385 candidats attrapés l''''année dernière, une soixantaine avait été suspendus pour cinq ans.

La semaine dernière, le ministère a commencé à organiser des campagnes de sensibilisation pour mettre en garde contre la fraude, et à organiser des réunions pour aider les élèves à se préparer psychologiquement. De grandes affiches colorées du ministère apposées dans les salles d''''examen avertiront les élèves des conséquences de la fraude, a-t-il ajouté.

Mais tous ceux que Magharebia a rencontré ne se disent pas persuadés que les méthodes du ministère permettront de dissuader les tricheurs.

Brouiller les réseaux de téléphonie mobile et lancer des campagnes d''''avertissement ne résoudra pas le problème, parce que le taux élevé de fraude est facilité par la surcharge des salles d''''examen, a expliqué le secrétaire général de l''''Union générale des éducateurs de l''''enseignement secondaire, Sami Tahri.

Outre l''''amélioration des conditions dans les centres d''''examen, Tahri a demandé une révision du code disciplinaire, la mise en place de punitions pour les tricheurs et des mesures contre quiconque favorise la fraude.
Monia Ghanmi (Magharebia)

Commentaires


4 de 4 commentaires pour l'article 28105

Tounssi  (Singapore)  |Dimanche 30 Mai 2010 à 02h 49m |           
قال الله تعالى : { قل هل يستوي الذين يعلمون والذين لا يعلمون }
قال رسول الله صلى الله عليه وسلم { من يرد الله به خيرا يفقهه في الدين } رواه
البخاري

Cillium  (Tunisia)  |Jeudi 27 Mai 2010 à 23h 26m |           
Arreter ce fléau, c'est impératif, voyons le niveau de nos étudiants, dont une majorité ont été aidés d'une manière ou d'une autre pour réussir leurs bac par fraude ou complaisance... 385 fraudeurs ressencés est un chiffre dérisoire, la vérité est beaucoup plus amère

و أين الله  (Tunisia)  |Jeudi 27 Mai 2010 à 11h 40m |           
الحمد لله، كنت من الجماعة اللي حتى آنا، و لم ينجح أي مراقب باش يوقفني
حتى إذا هداني ربي للإسلام و أصبح الله هو الرقيب علي.
و من ذلك اليوم لا أذكر أني فكرت في الغش.
عديت إمتحانات بدون حتي عساس
"إِنَّمَا تُنْذِرُ مَنِ اتَّبَعَ الذِّكْرَ وَخَشِيَ الرَّحْمَنَ بِالْغَيْبِ فَبَشِّرْهُ بِمَغْفِرَةٍ وَأَجْرٍ كَرِيمٍ "

KILANI Selim  (Tunisia)  |Jeudi 27 Mai 2010 à 08h 44m |           
Au lieu de dépenser un budget énorme pour éradiquer les fraudes aux examens, notre ministère de l'education devrait essayer plutôt étudier pourquoi il y a de plus en plus de fraudes, et sévir au niveau des "enseignants-commerçants" qui sabotent les cours pour embrigader les élèves dans leurs salles de cours privés.