Le Salon international du livre de Tunisie a débuté vendredi 23 avril avec l''interdiction de livres de quinze maisons d''édition que les responsables de cette manifestation ont qualifiés de "superstitions" et d''"idéologies obscurantistes".
"Ces maisons d''édition se sont vu interdites de participation parce qu''elles présentent des ouvrages qui contredisent les valeurs de modernité, de connaissance et d''innovation", a déclaré le président du salon Boubaker Ben Fredj lors d''une conférence de presse organisée le 19 avril.
Quelque 1 100 éditeurs et 328 exposants venus de 35 pays participent à ce salon, qui souffle cette année ses 28 bougies.
Ben Fredj a réfuté l''idée que le salon impose des contrôles sur la liberté de publication et d''innovation.
"Des maisons d''édition parasites venues de plusieurs pays arabes ont tenté de participer au salon du livre de Tunisie, mais elles ont été refusées, ce qui en a conduit certaines à changer leur nom dans une tentative desespérée", a-t-il expliqué.
L''un des visiteurs de ce salon a remarqué une différence dans les ouvrages présentés cette année.
"Les années précédentes, les livres sur la superstition et les mythes envahissaient le salon et attiraient de nombreux acheteurs", a expliqué Samir Ben Hussein, un éducateur, à Magharebia lors de l''ouverture du salon.
"La décision prise par la direction du salon d''interdire ce type d''ouvrages cette année est la bonne décision, qui permettra de protéger l''option de modernité que nous souhaitons", a-t-il déclaré, ajoutant que ce type de publications qu''il considère comme des "feuilles de chou" était "pratiquement inexistant" cette année.
Des écrivains venus de Belgique, des Etats-Unis et de Chine, ainsi que des auteurs plus "locaux", comme l''Egyptien Youssef Zeidan et l''Algérienne Ahlam Mosteghanemi, avaient annoncé leur présence à ce salon. Les volumes scientifiques et juridiques représentent 47 pour cent des livres présentés, les livres pour enfants à peine 4 pour cent, et le reste se partage entre recherches, études et littérature.
Le programme du salon prévoit des séminaires sur les droits d''auteur et les nouvelles, une table ronde sur la diversité d''édition et culturelle, et une manifestation spéciale intitulée "La littérature libyenne au travers du regard tunisien".
L''édition de cette année intervient après la publication d''un rapport officiel donnant une faible image des habitudes de lecture en Tunisie.
Une enquête réalisée par le ministère de la Culture a en effet montré que 75 pour cent des Tunisiens ne fréquentent pas les bibliothèques publiques. Plus de 22 pour cent des personnes interrogées ont affirmé n''avoir jamais lu un livre, et 18 pour cent ne pas aimer la lecture.
"Des chiffres comme [ceux que fournit cette enquête] font non seulement froid dans le dos, mais constituent un sérieux recul", a expliqué le critique des médias Khemais Khayati avant l''ouverture du salon. "C''est un recul pour le savoir et, par conséquent, pour la citoyenneté, car des citoyens qui évitent la connaissance perdent leur statut."
"Le fait que trois Tunisiens sur quatre ne fréquentent jamais les bibliothèques rend nécessaire un examen approfondi et complet des politiques à la fois culturelles et éducatives", a-t-il affirmé, ajoutant : "Les Tunisiens passent plus de trois heures par jour à regarder la télévision, de nombreuses heures dans les cybercafés, et encore plus de temps dans les cafés à jouer aux cartes et à fumer le nargilé."
Les Tunisiens venus visiter ce salon ont leur propre idée de ce taux national de lecture.
"Je pense que les chiffres que nous entendons sont quelque peu exagérés", a expliqué à Magharebia Taher Ben Rabeh, un haut fonctionnaire gouvernemental. Je lis dix livres par an, et cela fait vingt ans que je viens à ce salon pour acheter des dizaines de livres."
Les Tunisiens adoptent une "approche pragmatique" de la lecture, a expliqué Samar Zouaghi, étudiant en science. "La plupart des Tunisiens préfèrent désormais acheter les livres dont ils ont besoin dans leur vie quotidienne, plutôt que [des livres] de lecture. Vous pouvez remarquer que les best-sellers sont des ouvrages scientifiques, et des livres de cuisine."
Jamel Arfaoui (Magharebia)
Photo : L''écrivain algérien Ahlam Mosteghanemi et d''autres auteurs venus du monde entier participent à l''édition de cette année.
"Ces maisons d''édition se sont vu interdites de participation parce qu''elles présentent des ouvrages qui contredisent les valeurs de modernité, de connaissance et d''innovation", a déclaré le président du salon Boubaker Ben Fredj lors d''une conférence de presse organisée le 19 avril.
Quelque 1 100 éditeurs et 328 exposants venus de 35 pays participent à ce salon, qui souffle cette année ses 28 bougies.
Ben Fredj a réfuté l''idée que le salon impose des contrôles sur la liberté de publication et d''innovation.
"Des maisons d''édition parasites venues de plusieurs pays arabes ont tenté de participer au salon du livre de Tunisie, mais elles ont été refusées, ce qui en a conduit certaines à changer leur nom dans une tentative desespérée", a-t-il expliqué.
L''un des visiteurs de ce salon a remarqué une différence dans les ouvrages présentés cette année.
"Les années précédentes, les livres sur la superstition et les mythes envahissaient le salon et attiraient de nombreux acheteurs", a expliqué Samir Ben Hussein, un éducateur, à Magharebia lors de l''ouverture du salon.
"La décision prise par la direction du salon d''interdire ce type d''ouvrages cette année est la bonne décision, qui permettra de protéger l''option de modernité que nous souhaitons", a-t-il déclaré, ajoutant que ce type de publications qu''il considère comme des "feuilles de chou" était "pratiquement inexistant" cette année.

Des écrivains venus de Belgique, des Etats-Unis et de Chine, ainsi que des auteurs plus "locaux", comme l''Egyptien Youssef Zeidan et l''Algérienne Ahlam Mosteghanemi, avaient annoncé leur présence à ce salon. Les volumes scientifiques et juridiques représentent 47 pour cent des livres présentés, les livres pour enfants à peine 4 pour cent, et le reste se partage entre recherches, études et littérature.
Le programme du salon prévoit des séminaires sur les droits d''auteur et les nouvelles, une table ronde sur la diversité d''édition et culturelle, et une manifestation spéciale intitulée "La littérature libyenne au travers du regard tunisien".
L''édition de cette année intervient après la publication d''un rapport officiel donnant une faible image des habitudes de lecture en Tunisie.
Une enquête réalisée par le ministère de la Culture a en effet montré que 75 pour cent des Tunisiens ne fréquentent pas les bibliothèques publiques. Plus de 22 pour cent des personnes interrogées ont affirmé n''avoir jamais lu un livre, et 18 pour cent ne pas aimer la lecture.
"Des chiffres comme [ceux que fournit cette enquête] font non seulement froid dans le dos, mais constituent un sérieux recul", a expliqué le critique des médias Khemais Khayati avant l''ouverture du salon. "C''est un recul pour le savoir et, par conséquent, pour la citoyenneté, car des citoyens qui évitent la connaissance perdent leur statut."
"Le fait que trois Tunisiens sur quatre ne fréquentent jamais les bibliothèques rend nécessaire un examen approfondi et complet des politiques à la fois culturelles et éducatives", a-t-il affirmé, ajoutant : "Les Tunisiens passent plus de trois heures par jour à regarder la télévision, de nombreuses heures dans les cybercafés, et encore plus de temps dans les cafés à jouer aux cartes et à fumer le nargilé."
Les Tunisiens venus visiter ce salon ont leur propre idée de ce taux national de lecture.
"Je pense que les chiffres que nous entendons sont quelque peu exagérés", a expliqué à Magharebia Taher Ben Rabeh, un haut fonctionnaire gouvernemental. Je lis dix livres par an, et cela fait vingt ans que je viens à ce salon pour acheter des dizaines de livres."
Les Tunisiens adoptent une "approche pragmatique" de la lecture, a expliqué Samar Zouaghi, étudiant en science. "La plupart des Tunisiens préfèrent désormais acheter les livres dont ils ont besoin dans leur vie quotidienne, plutôt que [des livres] de lecture. Vous pouvez remarquer que les best-sellers sont des ouvrages scientifiques, et des livres de cuisine."
Jamel Arfaoui (Magharebia)
Photo : L''écrivain algérien Ahlam Mosteghanemi et d''autres auteurs venus du monde entier participent à l''édition de cette année.





Kadhem Essaher - سلّمتك بيد الله
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