L''Internet transforme la manière dont les jeunes interagissent avec les médias, ont expliqué des spécialistes arabes, européens et nord-américains en conclusion d''un séminaire organisé à Tunis le vendredi 16 avril.
Ce symposium international de deux jours, organisé par l''Institut de la presse et des sciences de l''information de Tunisie et la Fondation Konrad Adenauer, s''est intéressé à l''impact de l''Internet sur la manière dont les jeunes collectent les informations, ainsi qu''au rôle des nouveaux médias dans l''éducation des jeunes et la mise en lumière de leurs préoccupations.
"Les jeunes Tunisiens commencent à déserter les médias traditionnels en faveur des médias modernes, plus flexibles, plus libéraux et plus pratiques", a expliqué Ritha Methnani, professeur et chercheuse au ministère tunisien de l''Education.
Elle a indiqué que ce changement était dû à l''échec des médias de masse d''"utiliser un discours moderne, conforme aux aspirations des jeunes".
Bien qu''elle ait fait de 2010 "l''Année internationale de la jeunesse", la Tunisie ne dispose que de deux médias de masse destinés aux jeunes. C''est "très peu, dans la mesure, notamment, où la jeunesse représente un tiers de la société tunisienne", a poursuivi Methnani.
La Tunisie a été l''objet de certaines des analyses des médias les plus en profondeur au Maghreb, notamment un examen de la manière dont la violence à la télévision et sur lnternet affecte les jeunes. D''autres événements ont également porté sur le souhait de la jeunesse de disposer demédias plus réactifs.
Ce symposium a donné aux étudiants une occasion d''expliquer les origines de ce changement de goût pour les médias.
"Les journalistes tunisiens filtrent les informations avant de les faire parvenir à leurs destinataires", a expliqué Nahla Boughanja, étudiante en journalisme. "Ce n''est pas le cas sur lnternet, où vous pouvez lire les nouvelles ''en l''état''."
Boughanja explique que le journalisme tunisien se concentre sur le social et le sport, négligeant les programmes à contenu éducatif et favorisant les connaissances.
Karima Hatri, enseignante et militante de la jeunesse, explique pour sa part que la jeunesse de Tunisie n''a pas déserté les grands médias, mais a simplement exprimé un moindre intérêt pour certaines émissions. Elle ajoute que certains programmes, comme les émissions sportives, continuent d''attirer les jeunes malgré la féroce concurrence des médias modernes.
Les participants à ce colloque venus de plusieurs pays, dont la Libye et l''Algérie, ont souligné des changement similaires dans la fidélité des jeunes.
Ahmed Ibrahim, professeur à l''Université Abdelhamid Ibn Badis de Mostaganem, a expliqué à Magharebia que la confiance que la jeunesse algérienne accorde aux médias de masse traditionnels avait été mise à mal.
"Les médias sont actuellement soumis à différentes formes de pressions politiques et sociales, et servent ainsi le calendrier du régime", a-t-il expliqué, ajoutant que les jeunes publics passent à des moyens de communication plus libres et plus "modernes" comme les services Internet.
Jamel Ben Zarrouk, professeur algérien à l''Université de Skikda, a expliqué que les grands médias dans son pays "ne présentent que des émissions superficielles et expriment les idées politiques du régime en place".
"Si ce n''était quelques émissions sportives qui réussissent encore à retenir l''attention, la jeunesse – qui représente 57,19 pour cent de la société [algérienne] – se serait retrouvée isolée, car aucune émission correcte ne traite de ses préoccupations ni de ses problèmes", ajoute-t-il.
Pour Salima Bouchafra, professeur à l''Université de Mostaganem, la migration des jeunes Algériens loin des médias de masse traditionnels reflète leur intérêt pour la presse électronique.
"La presse électronique algérienne est très populaire parmi les jeunes, car elle leur laisse un large espace d''interaction et d''expression libre de leurs opinions sur tous les sujets", a-t-elle expliqué à Magharebia, ajoutant que "les jeunes ne devraient plus être tenus comme quantité négligeable, parce qu''ils sont conscients de ce qu''ils font et peuvent faire preuve d''expression, de créativité et de productivité, sans les contraintes de la famille et de la société".
"Les médias traditionnels en Libye meurent, parce qu''ils n''ont pas réussi à conserver leur attrait pour leurs publics, notamment les jeunes", a expliqué Abdel Keriem, professeur à l''Université Alfateh de Tripoli, à Magharebia.
Pour lui, les médias traditionnels sont désormais "dépassés" et remplacés par les médias modernes, qui eux, ont réussi à attirer la jeunesse.
"Les jeunes considèrent [ces nouveaux médias] comme un outil grâce auquel ils ont accès à tout ce qui est nouveau, ainsi que comme des espaces d''interaction et d''intégration", a-t-il ajouté.
Monia Ghanmi ( Magharebia)
Ce symposium international de deux jours, organisé par l''Institut de la presse et des sciences de l''information de Tunisie et la Fondation Konrad Adenauer, s''est intéressé à l''impact de l''Internet sur la manière dont les jeunes collectent les informations, ainsi qu''au rôle des nouveaux médias dans l''éducation des jeunes et la mise en lumière de leurs préoccupations.
"Les jeunes Tunisiens commencent à déserter les médias traditionnels en faveur des médias modernes, plus flexibles, plus libéraux et plus pratiques", a expliqué Ritha Methnani, professeur et chercheuse au ministère tunisien de l''Education.
Elle a indiqué que ce changement était dû à l''échec des médias de masse d''"utiliser un discours moderne, conforme aux aspirations des jeunes".
Bien qu''elle ait fait de 2010 "l''Année internationale de la jeunesse", la Tunisie ne dispose que de deux médias de masse destinés aux jeunes. C''est "très peu, dans la mesure, notamment, où la jeunesse représente un tiers de la société tunisienne", a poursuivi Methnani.
La Tunisie a été l''objet de certaines des analyses des médias les plus en profondeur au Maghreb, notamment un examen de la manière dont la violence à la télévision et sur lnternet affecte les jeunes. D''autres événements ont également porté sur le souhait de la jeunesse de disposer demédias plus réactifs.

Ce symposium a donné aux étudiants une occasion d''expliquer les origines de ce changement de goût pour les médias.
"Les journalistes tunisiens filtrent les informations avant de les faire parvenir à leurs destinataires", a expliqué Nahla Boughanja, étudiante en journalisme. "Ce n''est pas le cas sur lnternet, où vous pouvez lire les nouvelles ''en l''état''."
Boughanja explique que le journalisme tunisien se concentre sur le social et le sport, négligeant les programmes à contenu éducatif et favorisant les connaissances.
Karima Hatri, enseignante et militante de la jeunesse, explique pour sa part que la jeunesse de Tunisie n''a pas déserté les grands médias, mais a simplement exprimé un moindre intérêt pour certaines émissions. Elle ajoute que certains programmes, comme les émissions sportives, continuent d''attirer les jeunes malgré la féroce concurrence des médias modernes.
Les participants à ce colloque venus de plusieurs pays, dont la Libye et l''Algérie, ont souligné des changement similaires dans la fidélité des jeunes.
Ahmed Ibrahim, professeur à l''Université Abdelhamid Ibn Badis de Mostaganem, a expliqué à Magharebia que la confiance que la jeunesse algérienne accorde aux médias de masse traditionnels avait été mise à mal.
"Les médias sont actuellement soumis à différentes formes de pressions politiques et sociales, et servent ainsi le calendrier du régime", a-t-il expliqué, ajoutant que les jeunes publics passent à des moyens de communication plus libres et plus "modernes" comme les services Internet.
Jamel Ben Zarrouk, professeur algérien à l''Université de Skikda, a expliqué que les grands médias dans son pays "ne présentent que des émissions superficielles et expriment les idées politiques du régime en place".
"Si ce n''était quelques émissions sportives qui réussissent encore à retenir l''attention, la jeunesse – qui représente 57,19 pour cent de la société [algérienne] – se serait retrouvée isolée, car aucune émission correcte ne traite de ses préoccupations ni de ses problèmes", ajoute-t-il.
Pour Salima Bouchafra, professeur à l''Université de Mostaganem, la migration des jeunes Algériens loin des médias de masse traditionnels reflète leur intérêt pour la presse électronique.
"La presse électronique algérienne est très populaire parmi les jeunes, car elle leur laisse un large espace d''interaction et d''expression libre de leurs opinions sur tous les sujets", a-t-elle expliqué à Magharebia, ajoutant que "les jeunes ne devraient plus être tenus comme quantité négligeable, parce qu''ils sont conscients de ce qu''ils font et peuvent faire preuve d''expression, de créativité et de productivité, sans les contraintes de la famille et de la société".
"Les médias traditionnels en Libye meurent, parce qu''ils n''ont pas réussi à conserver leur attrait pour leurs publics, notamment les jeunes", a expliqué Abdel Keriem, professeur à l''Université Alfateh de Tripoli, à Magharebia.
Pour lui, les médias traditionnels sont désormais "dépassés" et remplacés par les médias modernes, qui eux, ont réussi à attirer la jeunesse.
"Les jeunes considèrent [ces nouveaux médias] comme un outil grâce auquel ils ont accès à tout ce qui est nouveau, ainsi que comme des espaces d''interaction et d''intégration", a-t-il ajouté.
Monia Ghanmi ( Magharebia)





Latifa Arfaoui - انشاء الله
Commentaires
0 de 0 commentaires pour l'article 27530