Le développement, instrument essentiel de lutte contre l'émigration



Le développement local peut permettre de réduire l'émigration et de créer des emplois pour les Tunisiens, selon les spécialistes et les responsables qui se sont réunis à Tunis lundi 22 mars à l'occasion d'un séminaire consacré aux liens entre développement et migrations.
Les participants se sont attachés notamment à étudier le programme Développement et Immigration, qui a été lancé conjointement en Tunisie par le gouvernement, l'Union européenne et l'Office international des migrations (OIM). Ce programme, lancé l'année dernière dans la province de Kasserine et dans la ville côtière de Mahdiya, a permis à de nombreux jeunes Tunisiens de créer des projets locaux et d'investir dans leur ville.
"Ce projet a duré plus d'un an et demi", a expliqué Mourad Ennar, l'un des responsables de ce programme, lors de ce colloque. "Il a comporté de nombreux volets… comme le tourisme, la création d'emplois, l'organisation de séminaires de formation et le soutien à des études, afin que les jeunes entrepreneurs puissent créer leurs propres projets."
"Les subventions [aux termes de ce programme] se sont échelonnées entre 5 000 et 30 000 dinars" dans des secteurs tels que l'artisanat et la production manufacturière, a-t-il précisé.

Les intervenants lors de ce séminaire ont expliqué que ce programme avait permis la création de plus de 400 emplois et la mise sur les rails de quelque 60 projets. Ils ont par ailleurs précisé que ces projets avaient permis de limiter l'émigration en portant sur des domaines adaptés au développement local et régional, permettant ainsi aux Tunisiens de bénéficier de meilleures conditions de vie, de favoriser l'investissement local et de s'installer sur place.
Selon l'Office des Tunisiens de l'étranger, il existe un peu plus d'un million d'expatriés tunisiens. La majeure partie d'entre eux, 83 pour cent, se trouve en Europe, notamment en France et en Allemagne.
Ali Jaoueni, responsable au ministère des Affaires sociales, de la Solidarité et des Tunisiens de l'étranger, a déclaré lors de la session d'ouverture de ce séminaire que ce programme était destiné à "préparer les jeunes et les familles à s'installer dans leurs régions d'origine en favorisant le développement économique et local. Lorsque nous favorisons le développement, cela a une incidence positive en incitant les jeunes à s'installer dans leurs régions."
Son ministre de tutelle, Naceur El Gharbi, a souligné dans son intervention que les pays des deux rives de la Méditerranée devaient renforcer leur coopération et leur dialogue pour pouvoir contrôler les migrations transfrontalières.
Pour sa part, la directrice régionale de l'OIM Carmela Godeau a expliqué que le but de ce programme était de venir en appui aux efforts de la Tunisie visant le renforcement des capacités dans les régions enregistrant des migrations actives. Cela pourra se faire en assurant des lignes de financement reconductibles, en offrant une formation à la création de coopératives, et en facilitant la mise en place de partenariats, a-t-elle ajouté.
Dans son discours de clôture, le ministre du Développement Mohamed Nouri Jouini a estimé que le taux de chômage dans son pays s'établissait à environ 14,7 pour cent. La Tunisie a lancé plusieurs initiatives destinées à stimuler la croissance économique, et réfléchit actuellement à la création d'un fonds pour aider les sans-emploi.
Selon le rapport de la Banque mondiale de mars 2009 intitulé "Façonner l'avenir : Une perspective à long terme sur la mobilité des personnes et des emplois au Moyen Orient et en Afrique du Nord", l'immigration organisée n'est pas la solution la plus efficace au problème du chômage dans la région MENA, qui doit créer quatre millions d'emplois chaque année. Le rapport souligne plutôt la nécessité de procéder à des réformes internes dans les politiques et les institutions publiques, et d'encourager le développement et la création d'emplois.
Mona Yahia ( Magharebia)

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