Selon les participants au séminaire organisé à Tunis et intitulé "le droit au Logement et au Refuge des femmes victimes de violence", des structures d'accueils surpeuplées sont obligées de rejeter chaque année les demandes d'aide provenant de centaines de femmes au Maroc, en Algérie et en Tunisie.
"Nous offrons une assistance légale et médicale, mais nous n'avons pas de lieu d'asile pour les candidates", dit Hayat al-Wertani , de l'Association tunisienne des Femmes Démocratiques (TADW)."L'Association n'a d'autre solution que d'écouter ces femmes et de les diriger vers les autorités".
Les victimes et les travailleurs sociaux présents lors de ce séminaire, le 13 février, ont relaté des problèmes d'accueil similaires à travers tout le Maghreb. Une femme tunisienne a raconté qu'elle et sa fille avaient été obligées d'attendre dans la rue, face à un refuge, jusqu'à l'aube, après que son mari les ait jeté hors du foyer conjugal.
Selon la Présidente de l'Institution marocaine de Solidarité avec les Femmes en Détresse (INSAF), de tels retards sont communs.
"L'année dernière seulement, nous avons reçu 1 112 candidatures", dit Nabila Tbeur. "Mais nous ne pouvions accepter qu'un quart de ces demandes. Nous avons déménagé dans une structure plus grande en 2008 lorsqu'un donateur nous a offert un immeuble de quatres étages, mais notre capacité d'accueil est limitée".
Le Maroc possède trois refuges pour les femmes victimes de violence et cinq centres en direction des mères célibataires. Les autorités ont reçu 12 710 plaintes pour violence conjugale entre octobre 2008 et septembre 2009, selon le Centre de Consultation Nationale.
Les autres structures d'accueil pour les femmes dans le Maghreb "font largement face aux mêmes difficultés" : c'est ce qu'affirme l'algérienne Sabrina Ouared, de SOS Femmes en Danger (SOSWD). Elle raconte que cette association reçoit environ 30 dossiers de femmes victimes de violence tous les mois, mais que son refuge ne peut abriter que 45 personnes.
Sanaa Ben Achour, qui est à la tête du TADW, dit que les travailleurs dans ces structures d'accueil assument souvent personnellement la responsabilité des candidates en souffrance.
"Les femmes victimes de violence peuvent en un moment se retrouver sans abri pour leurs enfants", explique-t-elle. "Une aide financière qui leur permette de répondre à leurs besoins les plus urgents est souvent nécessaire, et dans de nombreux cas, les membres de notre association sont amenés à offrir l'asile sous leur propre toit à ces femmes victimes ".
"Ils font cela malgré les risques qui pourraient en résulter, parce que nous ignorons comment les maris et les familles peuvent réagir", ajoute Ben Achour.
Les femmes victimes de violence doivent relever d'autres défis.
"La plupart des victimes sont des femmes analphabètes qui ne connaissent aucun métier", remarque Tbeur, l'avocate marocaine. "Alors nous organisons des ateliers de travail pour les former à une profession, puis nous leur trouvons un emploi pour qu'elles puissent affronter la vie après avoir quitté le refuge".
Les participants à ce séminaire ont réclamé l'assistance du Gouvernement.
"Je pense qu'il est temps que nous procédions à un changement à tous les niveaux - qui commence avec la disposition d'une législation qui puisse répondre aux besoins des femmes victimes de violence et de leurs enfants - afin de mettre un terme à la discrimination dont souffre la femme dans une société masculine", a dit Ben Achour.
Une délégation espagnole a fait état de ses expériences relatives à la violence conjugale lors du séminaire. Maria Nariduo raconte que les organisations féminines espagnoles ont fait pression sur le Gouvernement et les autorités locales pour faire paraître une législation sur les femmes victimes de violence.
"Ceci en plus d'une enveloppe bugétaire et de la formation de psychologues spécialistes dans le dialogue avec les femmes victimes de violence," dit-elle.
beur a salué l'opportunité de pouvoir collaborer avec des organisations régionales à travers ce séminaire.
"De telles réunions nous donnent la chance d'échanger les expériences et de coopérer entre nous, de lancer une campagne à l'échelle du Maghreb visant à sensibiliser les gens à la gravité de ce problème", ajoute-t-elle.
Tbeur ajoute néanmoins "nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir vivre un vrai changement qui accorde aux mères célibataires la jouissance de leurs pleins-droits et des opportunités sur le marché de l'emploi".
Jamel Arfaoui
(Magharebia)
"Nous offrons une assistance légale et médicale, mais nous n'avons pas de lieu d'asile pour les candidates", dit Hayat al-Wertani , de l'Association tunisienne des Femmes Démocratiques (TADW)."L'Association n'a d'autre solution que d'écouter ces femmes et de les diriger vers les autorités".
Les victimes et les travailleurs sociaux présents lors de ce séminaire, le 13 février, ont relaté des problèmes d'accueil similaires à travers tout le Maghreb. Une femme tunisienne a raconté qu'elle et sa fille avaient été obligées d'attendre dans la rue, face à un refuge, jusqu'à l'aube, après que son mari les ait jeté hors du foyer conjugal.
Selon la Présidente de l'Institution marocaine de Solidarité avec les Femmes en Détresse (INSAF), de tels retards sont communs.
"L'année dernière seulement, nous avons reçu 1 112 candidatures", dit Nabila Tbeur. "Mais nous ne pouvions accepter qu'un quart de ces demandes. Nous avons déménagé dans une structure plus grande en 2008 lorsqu'un donateur nous a offert un immeuble de quatres étages, mais notre capacité d'accueil est limitée".
Le Maroc possède trois refuges pour les femmes victimes de violence et cinq centres en direction des mères célibataires. Les autorités ont reçu 12 710 plaintes pour violence conjugale entre octobre 2008 et septembre 2009, selon le Centre de Consultation Nationale.
Les autres structures d'accueil pour les femmes dans le Maghreb "font largement face aux mêmes difficultés" : c'est ce qu'affirme l'algérienne Sabrina Ouared, de SOS Femmes en Danger (SOSWD). Elle raconte que cette association reçoit environ 30 dossiers de femmes victimes de violence tous les mois, mais que son refuge ne peut abriter que 45 personnes.
Sanaa Ben Achour, qui est à la tête du TADW, dit que les travailleurs dans ces structures d'accueil assument souvent personnellement la responsabilité des candidates en souffrance.

"Les femmes victimes de violence peuvent en un moment se retrouver sans abri pour leurs enfants", explique-t-elle. "Une aide financière qui leur permette de répondre à leurs besoins les plus urgents est souvent nécessaire, et dans de nombreux cas, les membres de notre association sont amenés à offrir l'asile sous leur propre toit à ces femmes victimes ".
"Ils font cela malgré les risques qui pourraient en résulter, parce que nous ignorons comment les maris et les familles peuvent réagir", ajoute Ben Achour.
Les femmes victimes de violence doivent relever d'autres défis.
"La plupart des victimes sont des femmes analphabètes qui ne connaissent aucun métier", remarque Tbeur, l'avocate marocaine. "Alors nous organisons des ateliers de travail pour les former à une profession, puis nous leur trouvons un emploi pour qu'elles puissent affronter la vie après avoir quitté le refuge".
Les participants à ce séminaire ont réclamé l'assistance du Gouvernement.
"Je pense qu'il est temps que nous procédions à un changement à tous les niveaux - qui commence avec la disposition d'une législation qui puisse répondre aux besoins des femmes victimes de violence et de leurs enfants - afin de mettre un terme à la discrimination dont souffre la femme dans une société masculine", a dit Ben Achour.
Une délégation espagnole a fait état de ses expériences relatives à la violence conjugale lors du séminaire. Maria Nariduo raconte que les organisations féminines espagnoles ont fait pression sur le Gouvernement et les autorités locales pour faire paraître une législation sur les femmes victimes de violence.
"Ceci en plus d'une enveloppe bugétaire et de la formation de psychologues spécialistes dans le dialogue avec les femmes victimes de violence," dit-elle.
beur a salué l'opportunité de pouvoir collaborer avec des organisations régionales à travers ce séminaire.
"De telles réunions nous donnent la chance d'échanger les expériences et de coopérer entre nous, de lancer une campagne à l'échelle du Maghreb visant à sensibiliser les gens à la gravité de ce problème", ajoute-t-elle.
Tbeur ajoute néanmoins "nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir avant de pouvoir vivre un vrai changement qui accorde aux mères célibataires la jouissance de leurs pleins-droits et des opportunités sur le marché de l'emploi".
Jamel Arfaoui
(Magharebia)





Oulaya - نظرة من عينيك
Commentaires
2 de 2 commentaires pour l'article 26525