Alors que les Tunisiens se préparent à abandonner la télévision analogique pour passer à la télévision terrestre numérique avant fin mars, l'initiative gouvernementale annoncée en décembre dernier continue de poser des problèmes d'ajustement, tant aux fournisseurs qu'au public.
Si de nombreux Tunisiens attendent avec impatience cet abandon de la technologie analogique terrestre et la multiplication des chaînes, les spécialistes des médias mettent en garde contre le fait que ce changement sera un problème pour les téléspectateurs dont les appareils ne sont pas équipés de décodeurs numériques.
Les ventes de téléviseurs équipés de tuners analogiques seront officiellement interdites à compter des trois prochaines semaines, car la Tunisie met en oeuvre le nouveau protocole de retransmission financé par un prêt de 4,6 millions d'euros de l'entreprise française Thomson Grass Valley.
Mais les Tunisiens ne seront pas contraints d'acheter de nouveaux téléviseurs compatibles numérique pour recevoir ces nouvelles chaînes ; il leur suffira d'acheter un convertisseur à 80 dinars.
La présence de chaînes supplémentaires "ouvrira la porte" à la concurrence, a déclaré le directeur général de la chaîne tunisienne privée Nessma TV, Nabil Karaoui, à Magharebia.
"Le passage de l'analogique au numérique permet de lancer 24 nouvelles chaînes", a-t-il ajouté. "Le marché tunisien peut-il absorber toutes ces chaînes ? Il nous faudra attendre pour le savoir."
Le plus gros problème auquel sont confrontés les médias en place est le fait que les programmes seront désormais diffusés au-delà des frontières de la Tunisie, un aspect dont les anciennes chaînes n'avaient jamais eu à se préoccuper, selon Saloua Charfi, professeur de journalisme à l'Université de Tunis.
"C'est l'image de la Tunisie qui est en jeu", a-t-elle expliqué à Magharebia. "Notre production télévisuelle sera désormais accessible à tous. Laisser certaines choses dans le flou ou compromettre la qualité ne seront plus des options", ajoute-t-elle.
"Que nous le voulions ou pas, ce média, malgré son noble message, est un produit soumis aux lois du marché. Je m'inquiète que nous prenions le train en marche et que nous suivions l'exemple de certaines chaînes satellitaires arabes qui se contentent de diffuser des programmes de faible qualité, en se contentant de dire c'est ce que veulent voir les gens", ajoute-t-elle.
Le critique de télévision Khemais Khayati se dit également inquiet d'une possible baisse dans la qualité des programmes.
"Les téléspectateurs tunisiens sont habitués à avoir quatre chaînes, ils en auront maintenant dix. A quoi ressembleront-elles ? A qui appartiendront-elles ? Qu'est-ce qu'elles diffuseront ? Comment le secteur public va-t-il gérer cette ouverture ?", se demande Khayati.
Tarek ben Mansour, la vingtaine, ne voit pas en quoi le passsage à la télévision numérique va modifier ses habitudes. "Nous continuerons à passer sur des chaînes étrangères", a-t-il expliqué à Magharebia, qualifiant les programmes de la télévision tunisienne comme "ennuyeux au possible".
Un autre Tunisien estime que ce passage ne sera bénéfique qu'aux seuls vendeurs de téléviseurs et aux techniciens.
"Les spectateurs n'ont rien à y gagner", a déclaré Fares Bouyahia. "La plupart d'entre nous allons devoir acheter un décodeur ou un nouveau poste."
"J'espère simplement que la concurrence apportera quelque chose de nouveau et motivera nos responsables des médias à nous présenter des choses intéressantes", conclut-il
Jamel Arfaoui(Magharebia)
Si de nombreux Tunisiens attendent avec impatience cet abandon de la technologie analogique terrestre et la multiplication des chaînes, les spécialistes des médias mettent en garde contre le fait que ce changement sera un problème pour les téléspectateurs dont les appareils ne sont pas équipés de décodeurs numériques.
Les ventes de téléviseurs équipés de tuners analogiques seront officiellement interdites à compter des trois prochaines semaines, car la Tunisie met en oeuvre le nouveau protocole de retransmission financé par un prêt de 4,6 millions d'euros de l'entreprise française Thomson Grass Valley.
Mais les Tunisiens ne seront pas contraints d'acheter de nouveaux téléviseurs compatibles numérique pour recevoir ces nouvelles chaînes ; il leur suffira d'acheter un convertisseur à 80 dinars.
La présence de chaînes supplémentaires "ouvrira la porte" à la concurrence, a déclaré le directeur général de la chaîne tunisienne privée Nessma TV, Nabil Karaoui, à Magharebia.
"Le passage de l'analogique au numérique permet de lancer 24 nouvelles chaînes", a-t-il ajouté. "Le marché tunisien peut-il absorber toutes ces chaînes ? Il nous faudra attendre pour le savoir."

Le plus gros problème auquel sont confrontés les médias en place est le fait que les programmes seront désormais diffusés au-delà des frontières de la Tunisie, un aspect dont les anciennes chaînes n'avaient jamais eu à se préoccuper, selon Saloua Charfi, professeur de journalisme à l'Université de Tunis.
"C'est l'image de la Tunisie qui est en jeu", a-t-elle expliqué à Magharebia. "Notre production télévisuelle sera désormais accessible à tous. Laisser certaines choses dans le flou ou compromettre la qualité ne seront plus des options", ajoute-t-elle.
"Que nous le voulions ou pas, ce média, malgré son noble message, est un produit soumis aux lois du marché. Je m'inquiète que nous prenions le train en marche et que nous suivions l'exemple de certaines chaînes satellitaires arabes qui se contentent de diffuser des programmes de faible qualité, en se contentant de dire c'est ce que veulent voir les gens", ajoute-t-elle.
Le critique de télévision Khemais Khayati se dit également inquiet d'une possible baisse dans la qualité des programmes.
"Les téléspectateurs tunisiens sont habitués à avoir quatre chaînes, ils en auront maintenant dix. A quoi ressembleront-elles ? A qui appartiendront-elles ? Qu'est-ce qu'elles diffuseront ? Comment le secteur public va-t-il gérer cette ouverture ?", se demande Khayati.
Tarek ben Mansour, la vingtaine, ne voit pas en quoi le passsage à la télévision numérique va modifier ses habitudes. "Nous continuerons à passer sur des chaînes étrangères", a-t-il expliqué à Magharebia, qualifiant les programmes de la télévision tunisienne comme "ennuyeux au possible".
Un autre Tunisien estime que ce passage ne sera bénéfique qu'aux seuls vendeurs de téléviseurs et aux techniciens.
"Les spectateurs n'ont rien à y gagner", a déclaré Fares Bouyahia. "La plupart d'entre nous allons devoir acheter un décodeur ou un nouveau poste."
"J'espère simplement que la concurrence apportera quelque chose de nouveau et motivera nos responsables des médias à nous présenter des choses intéressantes", conclut-il
Jamel Arfaoui(Magharebia)





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