La Tunisie étudie une alternative au service militaire obligatoire



Un projet de loi qui permettrait aux jeunes diplômés de l'enseignement supérieur d'effectuer leur service militaire obligatoire dans des administrations publiques reçoit des réactions mitigées de la part des citoyens ordinaires et de certains parlementaires.
Selon la mesure envisagée, ces jeunes diplômés seraient payés pour travailler pendant au minimum un an dans des administrations liées à leur formation, a précisé l'agence ANSA le 25 janvier. Les autorités tunisiennes s'apprêtent à déposer ce projet de loi, qui vise à réduire le taux de chômage et à rendre le service militaire plus utile, sur le bureau de la Chambre des députés et de la Chambre des conseillers.
Cette nouvelle législation rendrait les choses bien différentes pour des personnes comme Sami Aouinti, qui a obtenu son diplôme il y a un an et est toujours à la recherche d'un emploi.
"Je pense que c'est une bonne idée, qui pourrait compenser nos demandes de création d'un fonds destiné à aider les jeunes diplômés au chômage comme moi", a-t-il expliqué. "De plus, je ne serais plus obligé de me cacher des patrouilles de sécurité qui recherchent les gens comme moi qui n'ont pas fait leur service militaire."La Tunisie étudie une alternative au service militaire obligatoire

Confrontées à l'aversion de très nombreux jeunes pour le service militaire obligatoire d'un an en Tunisie, les autorités sont obligées de temps à autre d'organiser des campagnes de recrutement d'hommes âgés de 20 ans ou plus. Selon des sources non officielles, l'armée a besoin de 30 000 nouveaux conscrits chaque année, mais le nombre effectif de recrues dépasse à peine les 10 000.
Par ailleurs, le nombre de diplômés de l'université sans emploi était de 113 200 en 2008, soit 21,67 pour cent du nombre total des chômeurs dans le pays. En décembre dernier, en présentant lebudget 2010, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi avait présenté un programme gouvernemental visant à réduire le taux de chômage chez les jeunes diplômés de 1,5 pour cent d'ici 2014 et à augmenter le nombre de créations d'emplois de 57 000 en 2009 à 70 000 en 2010.
Ghannouchi s'était engagé à l'époque à fournir des "efforts extraordinaires" en assurant un emploi à plus de 16 000 personnes dans le secteur public, dont 70 pour cent au moins bénéficieraient aux diplômés du supérieur.
Raoudha Seibi, députée du Parti libéral au parlement, à expliqué à Magharebia lors d'un entretien la semaine dernière que ce projet de loi "est une solution provisoire qui conduira nécessairement à une baisse provisoire du taux de chômage".



"Mais il débouchera sur d'autres problèmes encore pour les jeunes qui en bénéficieront et qui ne seront employés que provisoirement et retrouveront ensuite le statut de chômeur, avec tous les troubles psychologiques graves que cela comporte", a-t-elle expliqué.
Et cette parlementaire d'ajouter que "le statut de ce programme comme une alternative au service national en excluera les filles... et placera le service militaire en-dehors du cadre des devoirs moraux. Je considère toute forme de discrimination entre les sexes sur ce sujet comme une chose inacceptable. Nous appelons donc à l'égalité entre hommes et femmes dans tous les programmes pour l'emploi."
Jalila Ben Amor, mère de deux enfants, a expliqué à Magharebia que cette mesure "s'inscrit dans le cadre d'un système social complet, dont la base est la réduction du taux de chômage".
"Si cette nouvelle mesure jouera un rôle important dans la préparation des diplômés, dans leur formation à la vie professionnelle, leur ouvrira les portes pour démontrer leurs capacités et leur donnera l'occasion de trouver un emploi, elle ne peut en aucun cas compenser le [manque] de service dans les forces armées, et tous les aspects positifs qui lui sont liés", explique-t-elle.
Pour elle, le service militaire instille "les valeurs de citoyenneté chez les jeunes, renforce leur engagement et leur capacité à prendre les bonnes décisions, affine leurs compétences et veille à ce qu'ils reçoivent l'éducation nationale appropriée".



Quant à Faicel Touati, un jeune homme au chômage depuis l'obtention de son diplôme il y a trois ans, ce projet de loi est synonyme d'espoir.
"Je pense que c'est une chance à laquelle des gens comme moi doivent se raccrocher", explique-t-il. "C'est mieux que rien."
Jamel Arfaoui
(Magharebia)


Commentaires


4 de 4 commentaires pour l'article 26291

Laabed  (Tunisia)  |Jeudi 04 Février 2010 à 21h 19m |           
Je crois que l'idée peut être trés positive mais je pense que l'année à l'administration doit inclure une période obligatoire à la caserne d'au moins 3 mois, ce passage à l'administration doit se faire dans une spécialité en relation avec le diplôme du jeune avec un encadrement serieux par l'héirarchie administrative et doit aboutir à une attestation qui peut être utile dans son cv par la suite.

Hedi  (Canada)  |Jeudi 04 Février 2010 à 15h 09m |           
Maghrebia est un organe des etats unis, tout comme la horra en irak. faites gaffe.

Tunisien libre  (France)  |Jeudi 04 Février 2010 à 13h 48m |           
Je croie que le service militaire est devenue de nos jours et en tunisie completement dèpassè et la solution proposè n ai pas la bonne elle permetrais de reduire le chomage seulement momentanèment il faudrai crèe une armè de metier seulement constituer de volontaire professionele sans discrimination entre hommes et femmes en imposant des quota si nèssecaie et pour maintenir le sence civique et patriote chez nos jeune pourquoi ne pas instaurer un
systhème ou l on obligerai filles et garcons pendant une durrè de 1 mois se qui serais moin long donc moin contrenyant a effectuer des traveaux d interè publique avec des court de civisme sa sera long et couteux a installer mais plus aventageux pour notre jeunesse

Mehdi  (Tunisia)  |Jeudi 04 Février 2010 à 13h 31m |           
Et ça va baisser le taux de chômage???? c'est une solution temporaire. le jeune diplômé va travailler un an mais à quel salaire. des fois il vaut mieux rester chez soi que de travailler dans une ville loin du domicile familial pour 180 dinars. je suis médecin et j'ai fait mon service militaire obligatoire. j'étais payé 180 dinars par mois (j'étais lieutenant) et je dépensais 300 dinars juste pour le nécessaire.
pour le militaire, je pense que la solution est dans le recrutement professionnel. comme ça ceux qui désirent, ils s'engagent dans une carrière militaire sinon il n'est pas obligé de gâcher un an de sa vie pour rien (et je sais de quoi je parle).
concernant l'égalité des sexe, je suis pour cette égalité dans tous les domaines. mais je pense que les filles sont favorisées surtout pour le service militaire. elles ne sont obligées de le passer mais quand il s'agit d'un recrutement professionnel, elles devancent les pauvres hommes.
je m'explique: le service militaire n'est pas obligatoire pour les femmes médecins. elles peuvent directement pratiquer la médecine après leurs études alors que les hommes sont obligés de passer l'année dans les casernes. mais quand il a un recrutement pour être médecins des armées et être payé 1400d/mois, la majorité des recrutés sont des filles. et je trouve ça injuste. de même pour cette nouvelle loi, les filles doivent être exclues car
normalement elles ne sont pas obligées de passer par les casernes..;