Tunisie: Nombreux appels en faveur de la création d'un fonds pour les demandeurs d'emploi



Des syndicats aux partis politiques, tous veulent venir en aide aux sans-emploi en Tunisie — mais des questions subsistent sur le fait de savoir qui paiera la note du fonds de solidarité envisagé.
Alors que les parlementaires tunisiens étudient le budget 2010, de nombreux responsables politiques, syndicaux et des gens ordinaires demandent la création d'un fonds national pour aider les chômeurs.
Ces appels font écho à la crise engendrée par la crise financière mondiale, qui a coûté leur emploi à de nombreux Tunisiens, et aux élections d'octobre dernier, lors desquelles l'emploi avait été un sujet d'une très grande importance. Dans leurs programmes, plusieurs partis politiques s'étaient en effet engagés à mettre en place un tel fonds.
L'Union générale des travailleurs tunisiens, dont les propositions de création de ce fonds remontent à 2003, soutient les dernières revendications publiques.

"La forte charge qui pèse sur les fonds sociaux et le problème du chômage, notamment chez les jeunes diplômés de l'université, ainsi que les multiples licenciements, nous conduisent à exiger une fois de plus la création d'un fonds de lutte contre le chômage unifiant les mécanismes d'indemnisation dans un fonds qui serait plus adapté… que les [structures] existantes", a déclaré le vice-secrétaire général de l'Union, Ali Ramadan, au quotidien al-Sabah dans un entretien publié le 25 décembre.
Les derniers chiffres de l'Institut tunisien de la statistique établissent le taux de chômage 2008 dans le pays à 21,67 pour cent, contre 17,5 pour cent en 2007.
Le ministre des Affaires sociales Ali Chaouch a cependant déclaré aux journalistes lors d'une conférence de presse organisée en décembre que "la priorité de la Tunisie est d'accorder toute l'attention requise au chômage par le biais de plusieurs mécanismes similaires au fonds de lutte contre le chômage, qui accordent la priorité à l'aide apportée aux personnes licenciées de plusieurs manières".
"Les prestations chômage seront versées pendant un an, jusqu'à ce que ces personnes retrouvent un emploi, et parallèlement, elles bénéficieront d'une couverture sociale et des prestations sociales", a expliqué le ministre, ajoutant : "Cela vient en complément à un autre mécanisme de réintégration des personnes licenciées sur d'autres lieux de travail."
M. Chaouch a également mentionné le programme gouvernemental pour l'emploi des diplômés de l'université dans les familles nécessiteuses. "De plus, la priorité a été donnée aux aides consenties aux familles dans le besoin, qui constituent un fonds pour ceux qui ne bénéficient d'aucune source de revenu", a-t-il expliqué. "Actuellement, 124 000 aides ont été versées aux familles nécessiteuses, pour un montant de 90 millions de dinars. De plus, ces familles bénéficient de soins médicaux gratuits."
Mais de nombreux responsables politiques tunisiens partisans d'un fonds de lutte contre le chômage ne sont pas convaincus par de tels arguments.
"La création d'un fonds national contre le chômage s'inscrit dans le cadre de la réforme du système de l'éducation, c'est-à-dire le retour à l'ancien système d'examens… qui prépare des compétences répondant aux besoins réels du marché du travail", a déclaré le secrétaire général du Parti social libéral Mondher Thabet à Magharebia, lundi 4 janvier.
"Le problème est que nous avons un système éducatif qui inonde le pays de diplômés de l'université que le marché de l'emploi ne peut absorber et dont il n'a même pas besoin", a-t-il ajouté. "Nous avons plutôt besoin d'artisans et de techniciens dans les secteurs industriels en croissance, comme l'automobile, la maintenance informatique, les appareils de chauffage et de réfrigération, etc."
Certains analystes politiques, tout en reconnaissant le besoin d'aider les sans-emploi, sont assez pessimistes quant au fonctionnement d'un tel fonds.
"Un fonds du chômage dans une société où la majorité des personnes sont sans emploi ne fonctionnerait pas actuellement, parce qu'il soulèverait des questions sur des ressources financières qui font actuellement défaut à la Tunisie", a expliqué l'analyste Mohammed Ammar à Magharebia.
"Les pays arabes n'ont pas de fonds du chômage", a-t-il ajouté. "Si l'on en créait un en Tunisie, il serait le premier de son genre, car dans les pays du Golfe, il existe des fonds souverains investis au bénéfice des générations à venir, mais leurs sources [de revenu] sont le pétrole et le gaz."



Les citoyens ordinaires envisagent l'idée d'un fonds du chômage avec un mélange d'espoir et de prudence.
"Ce fonds verra-t-il le jour ?", se demande Khaled Hanachi, un habitant de la capitale d'une vingtaine d'année. "J'ai lu l'info dans les journaux. Il semblerait qu'ils y pensent sérieusement."
"J'espère bénéficier d'une forme d'aide qui m'aidera à éviter l'humiliation du besoin et à poursuivre mes recherches d'emploi", a-t-il expliqué à Magharebia.
Samir Hanachi, au chômage depuis l'obtention de son diplôme il y a quatre ans, est moins optimiste. "La question a été soulevée il y a cinq ou six ans, mais ce projet de fonds n'a jamais vu le jour", explique-t-il. "Pour moi, c'est de la propagande et rien de plus, et les gens n'y penseront même plus dans quelques jours."
Par Jamel Arfaoui (Magharebia )


Commentaires


4 de 4 commentaires pour l'article 25836

Lesage  (Tunisia)  |Samedi 09 Janvier 2010 à 11h 23m |           
@ kitar saby : tu as peut être raison , mais ces patrons sont-ils sûrs d'embaucher des jeunes sans problèmes , surtout si ce sont leurs investissements qui sont en jeu ?
aujourd'hui , dés qu'il est embauché , un jeune oublie son patron et se fait enrôler par une équipe de faux syndicalistes qui parlent en son nom !
chacun a le droit de choisir avec qui coopérer .

   (Tunisia)  |Jeudi 07 Janvier 2010 à 21h 20m |           
A mon avis ce né pas une solution.... plutôt créer une amende pour les patrons qui engage un retraité de 20.000 dinars la suspension de la retraite du retraité pour 6 mois est vous verrez la moitie des chômeurs trouverons du travaille

Med  (Tunisia)  |Jeudi 07 Janvier 2010 à 10h 57m |           
"... c'est de la propagande et rien de plus.."

NB  (Tunisia)  |Jeudi 07 Janvier 2010 à 10h 24m |           
Enfin les parlementaires tunisiens , les responsables politiques, syndicaux et surtout le peuple ont demandé la création d'un fonds national pour aider les chômeurs.
très simple la réponse, comment nous avons crée le fond 26/26 ou 21/21.
nos politologues n'ont qu'à faire comme en europe, voir la france, la hollande, le danemark ect..
nous avons enregistré un retard de 55 ans et même plus. nous avons les fonds mais il faut savoir les utiliser.