Le concept de l'émission de variétés Fi essaraha raha (approximativement, «En toute franchise») diffusée par la chaîne privée Hannibal est basé sur la provocation. Il s’agit, en fait, d’un face-à-face entre un interviewer, Samir El Wafi, et un interviewé, en général un artiste de la place. L’interviewer qui se veut calme et impassible essaie de tout faire pour déstabiliser, par des questions provocantes, son vis-à-vis, l’acculant dans ses derniers retranchements jusqu’à ce qu’il se dévoile complètement. Mais stop, ce n’est pas encore réussi, ni dans la poche, car nous ne faisons que parler du concept.
Entre le concept et le résultat vu et perçu, il y a tout un monde. L’émission péchant par plusieurs aspects. Disons d’abord que dans ce genre d’émission, l’animation doit se particulariser par la vivacité, la rapidité et le sens de la répartie. Ce qui n’est pas toujours le cas de l’animateur donnant plutôt l’impression de somnoler au rythme de son débit monocorde et monotone. Rappelons ensuite que l’art de la
provocation
suppose, outre une vaste culture, l’esprit et l’humour, une connaissance approfondie de la personnalité invitée et de son art, donc une préparation soutenue des questions est plus que souhaitable. Cela, sans compter le tact et la finesse, afin que le propos ne
tombe pas dans le populisme le plus abject et les détails les plus terre à terre.
Or, dans Fi essaraha raha, l’animateur se limite à poser des questions creuses, façon «people», qui s’attachent à la forme tout en évacuant le fond. Dans les entretiens accordés par les chanteurs Kacem Kéfi, Mokdad Sehili et Slah Mosbah, ainsi
que par l’homme de théâtre Raouf Ben Yaghlane, l’animateur a cru bon, pour les provoquer, de leur poser des questions plates et méchantes, soi-disant psychologiques, sur leur look, leur vie privée, leur comportement social, les ratages dans leur carrière,
etc. Ce sont des questions qu’on peut, certes, poser, mais intelligemment, finement, et non pas de manière frontale et provocante. Atrop vouloir tirer sur la corde de la provocation gratuite, à travers des questions de forme aux dépens de l’art et du sens, l’animateur ne devrait pas s’étonner des réponses agressives, ni des réparties inglantes
des interviewés, tel ce cinglant «tu mens» lancé à l’animateur par un Slah Mosbah très énervé et excédé. Bref, ces rencontres, où l’anecdotique désuet prime sur le reste, sont-elles réellement intéressantes ? Car au lieu que le téléspectateur assiste à des moments de vérité et de sincérité où les protagonistes invités se dévoilent, se racontent, il se trouve, au contraire, en train de rire «bêtement» de tous ces combats de coqs malvenus, de ces polémiques stériles et de ces animosités gratuites, sans intérêt aucun et qui finiront à coup sûr dans les poubelles de l’histoire médiatique. D’ailleurs, l’on s’étonne de voir certains parmi les invités accepter de jouer le jeu de cette émission sans teneur et sans saveur. Fort heureusement que la réalisation, signée Mohamed Damak, sauve quelque peu la mise, grâce à une forme assez vivante, colorée (variation de plans) et, en gros, percutante. Encore heureux.
Source: La presse
Entre le concept et le résultat vu et perçu, il y a tout un monde. L’émission péchant par plusieurs aspects. Disons d’abord que dans ce genre d’émission, l’animation doit se particulariser par la vivacité, la rapidité et le sens de la répartie. Ce qui n’est pas toujours le cas de l’animateur donnant plutôt l’impression de somnoler au rythme de son débit monocorde et monotone. Rappelons ensuite que l’art de la
provocationsuppose, outre une vaste culture, l’esprit et l’humour, une connaissance approfondie de la personnalité invitée et de son art, donc une préparation soutenue des questions est plus que souhaitable. Cela, sans compter le tact et la finesse, afin que le propos ne
tombe pas dans le populisme le plus abject et les détails les plus terre à terre.
Or, dans Fi essaraha raha, l’animateur se limite à poser des questions creuses, façon «people», qui s’attachent à la forme tout en évacuant le fond. Dans les entretiens accordés par les chanteurs Kacem Kéfi, Mokdad Sehili et Slah Mosbah, ainsi
que par l’homme de théâtre Raouf Ben Yaghlane, l’animateur a cru bon, pour les provoquer, de leur poser des questions plates et méchantes, soi-disant psychologiques, sur leur look, leur vie privée, leur comportement social, les ratages dans leur carrière,
etc. Ce sont des questions qu’on peut, certes, poser, mais intelligemment, finement, et non pas de manière frontale et provocante. Atrop vouloir tirer sur la corde de la provocation gratuite, à travers des questions de forme aux dépens de l’art et du sens, l’animateur ne devrait pas s’étonner des réponses agressives, ni des réparties inglantes
des interviewés, tel ce cinglant «tu mens» lancé à l’animateur par un Slah Mosbah très énervé et excédé. Bref, ces rencontres, où l’anecdotique désuet prime sur le reste, sont-elles réellement intéressantes ? Car au lieu que le téléspectateur assiste à des moments de vérité et de sincérité où les protagonistes invités se dévoilent, se racontent, il se trouve, au contraire, en train de rire «bêtement» de tous ces combats de coqs malvenus, de ces polémiques stériles et de ces animosités gratuites, sans intérêt aucun et qui finiront à coup sûr dans les poubelles de l’histoire médiatique. D’ailleurs, l’on s’étonne de voir certains parmi les invités accepter de jouer le jeu de cette émission sans teneur et sans saveur. Fort heureusement que la réalisation, signée Mohamed Damak, sauve quelque peu la mise, grâce à une forme assez vivante, colorée (variation de plans) et, en gros, percutante. Encore heureux.
Source: La presse





Abdelhalim Hafed - موعود
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