Hamdi Meddeb annonce qu'il démissionne à son tour...



Nous avons posé hier une question précise à Slim Chiboub: "la reconduction de février dernier, ce n'était pas le mandat de trop?"

Il répond: "C'est un mandat de trop depuis quatre ans. J'aurais dû partir parce qu'à l'Espérance on n'accepte pas qu'un cycle se referme et qu'un autre redémarre aussitôt"
- Nous insistons: cette fois c'est différent. On dit que vous laissez une équipe vide et qu'en l'occurrence vous faites la politique de la terre brûlée"

- Réponse ferme: "allez consulter la comptabilité de l'Espérance avant d'affirmer cela. Et puis en quoi les autres clubs sont-ils supérieurs à l'Espérance au niveau du potentiel?"



- Nous insistons: ce n'est pas la première fois que vous démissionnez et que vous revenez sur cette décision. En 91... En 2003... en 98 aussi...


- En 91, j'ai démissionné après une victoire sur Zarzis de 3-0. Nous lancions à l'époque les Berrekhissa et les autres, ceux qui ont animé un nouveau cycle. Chaque fois que l'Espérance - qui ne peut pas attendre longtemps dans l'antichambre - entame un nouveau cycle, eh bien je fais face aux mêmes procédés de déstabilisation et à la même campagne de dénigrement"


Hier après-midi, quand nous l'avons joint, Chiboub s'occupait de ses chevaux. Désespérant des bipèdes, il fait courir les quadrupèdes. Mais il insiste: il démissionne! Avec, cependant une nuance: "Nous" dit-il, mènerons à terme le processus de restructurations d'ici fin décembre avec , entre autres, les recrutements promis".


Nous avons cru comprendre que les plans Chiboub seront menés à terme, mais sans Chiboub... Entre temps la radio annonce hier après-midi: "Hamdi Meddeb est le nouveau président de l'Espérance" et les affaires techiques sont confiées à Mrad Mahjoub. Cela veut dire qu'Andrey plierait bagages. Mrad Mahjoub qui nous déclarait , la veille, ne savoir rien de tout cela, se projette tout d'un coup, hier après-midi, en allusions dans ce sens. Aussitôt Chokri El Ouaer, délégué de l'équipe seniors dément: "pas de contacts avec Mahjoub. Andrey reste, même s'il y a une clause résiliatoire dans le contrat (cas d'insuffisance de résultat).




La bombe


Jusque-là tout paraissait cohérent. On avait eu vent d'une réunion de Chiboub, samedi soir, avec ses collaborateurs. Son premier vice-président Hamdi Meddeb prendrait le témoin. Ou du moins assurerait l'intérim en attendant que le Comité des Sages désigne un président (qui ne pourrait être que lui), une AG extraordinaire, sinon carrément une décision politique. Mais fin d'après-midi, Hamdi Meddeb nous prend à contre-pied. Visiblement contrarié, trouvant peut être que le départ de Chiboub le plaçait dans l'œil du cyclone, il tranche net: "Moi je suis arrivé là pour aider mon club dans le cadre d'un travail en équipe. Normal que le public soit contrarié puique nous n'avons pas réalisé certains objectifs.


Mais en tous les cas, je m'en vais moi aussi".


Hamdi Meddeb est un garçon éduqué. C'est un grand manager. Mais, hier au téléphone, c'est comme s'il nous donnait l'impression qu'il ressentit le départ de Chiboub comme "traîtrise", comme une "méprise"...


Entre temps, l'Espérance est sans président... Et, phénomène curieux, ceux qui voulaient que Chiboub parte, argumentent autrement maintenant: "il ne doit pas partir et nous laisser dans cet état..." Entre temps Chiboub, au milieu de ses chevaux, aura bien établi l'éventail des haines que sa façon de gérer a attisées. L'éventail de ses erreurs aussi. Mais qu'il ne s'illusionne pas à croire qu'on le sacralisera pour avoir fait de l'Espérance pendant dix ans le premier club du pays. Ce n'est pas dans la nature(ingrate) des hommes.




Raouf KHALSI

Le Temps de Tunisie



Les réactions après la démission de Chiboub :



Hammouda Ben Ammar, président de la FTF
« Respectons ce choix personnel »

« Personnellement, j’ai enregistré avec beaucoup de regrets la décision de M. Slim Chiboub qu’il a prise à chaud. Mais on doit respecter le choix de la personne, s’agissant de surcroît d’une décision d’ordre purement personnel.

Il a dû énormément souffrir du comportement du public, et j’en sais quelque chose pour avoir été passé par là quand j’étais président d’un club.

« Il ne faut pas quand même ignorer ce qu’a donné M. Chiboub tant à l’Espérance, à notre football qu’au sport tunisien en général. Heureusement, qu’il reste collé au football, en étant membre à la FIFA ».




Chérif Bellamine, président du Club Africain
« Avec ou sans Chiboub, l’Espérance reste l’Espérance »

« Je ne peux pas être à la place de M. Slim Chiboub qui a été la cible privilégiée d’une frange du public. Notre public sportif dans l’ensemble des clubs est ainsi fait et on n’y peut rien. Dans ce genre de situation, il fallait faire de patience peut-être, mais il ne faut pas oublier ce qu’a donné Slim Chiboub au club de Bab Souika. Sinon, ce sera de l’ingratitude. De toutes les façons, les grands club somme le C.A., l’E.S.S. et l’E.S.T. ne demeurent guère tributaire de Bellamine, de Jenayeh et de Chiboub. Ainsi, l’Espérance avec ou sans Chiboub, reste et restera toujours l’Espérance ».

Raouf CHAOUCHI


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