Tunisie: Relance des Transports



Après deux ans de planification et de construction, le nouvel aéroport tunisien à Enfidha, qui se trouve à une heure au sud de la capitale, est enfin fonctionnel. Le nouveau complexe, qui multiplie de façon significative les capacités aéroportuaires du pays, devrait attirer les investissements étrangers dans la région, ainsi qu'aider le pays à mieux gérer ses flux de touristes.

Par l’Oxford Busines Group *

(15 décembre 2009)


L'Aéroport d'Enfidha, qui s'étend sur plus de 5 700 hectares, recevra dans un premier temps 7 millions de passagers par année, mais il est possible que ce chiffre atteigne les 22 millions. De plus, l'emplacement de la nouvelle installation est très pratique dans la mesure où celle-ci se trouve à une courte distance en voiture de deux destinations touristiques tunisiennes majeures : les stations balnéaires de Sousse et de Hammamet. Cet aéroport, qui sera géré par l'entreprise turque Tepe Afken Ventures (TAV) dans le cadre d'un contrat construction, exploitation et transfert, permettra de régler le problème de congestion que connaissait ce qui était jusque-là le plus grand aéroport du pays, un complexe d'une capacité de 3.5 millions de passagers également géré par TAV, à Monastir. Si le nouvel aéroport devait au départ coûter 500 millions de didinars tunisiens (267 millions d'euros), la facture finale s'est élevée à quelque 850 millions de dinars tunisiens (453 millions d'euros), selon les médias locaux. Son chiffre d'affaires devrait, quant à lui, atteindre les 46 millions d'euros par année.



Certes, la nouvelle installation permettra de réduire de façon significative le temps d'attente et le trafic à Monastir (où transitent quelque 4.2 millions de passagers par année, soit bien au-dessus de ses capacités), mais il ne s'agit que d'un projet parmi tant d'autres qui visent la revitalisation de la région pour en faire une destination de transit multimodale. En effet, on a annoncé une série d'améliorations majeures du réseau de transport terrestre de la région : on prévoit à la fois des travaux sur les réseaux routiers et sur les lignes de chemin de fer.

De plus, c'est à Enfidha que sera inauguré un énorme port en eau profonde, élément encore plus essentiel de l'infrastructure du pays. En effet, l'infrastructure existante limite la capacité de la Tunisie à gérer le fret maritime, dans la mesure où 50% de la flotte maritime ne pourra plus avoir accès aux ports tunisiens d'ici 2010 à cause de la taille grandissante des navires, selon les médias. D'ailleurs, l'infrastructure actuelle du port ne permet de gérer que les navires ayant une charge allant jusqu'à 25 000 tonnes. Les médias locaux ont ajouté que le ministère du Transport voudrait que la flotte maritime tunisienne participe davantage au trafic de fret, de façon à y faire augmenter sa part de 9%, son niveau actuel, à 20% d'ici 2016.

Le nouveau port d'Enfidha est conçu de façon à tenir compte de tous ces éléments. Ce nouveau projet, d'une valeur estimée à près de 2 milliards de dollars, sera construit en trois étapes. La première, qui devrait être terminée en 2010, comprend 850 millions de dollars de travaux d'infrastructure de base, y compris deux digues et un dragage, ainsi que 1 500 mètres de quais pour un terminal à conteneurs et un terminal multifonctionnel comprenant 1 120 mètres de quais. Les installations portuaires en elles-mêmes s'étendront sur 1 200 hectares et une expansion est possible, si nécessaire, dans la mesure où 2 000 autres hectares ont été prévus pour les activités de soutien, y compris la logistique et l'entreposage, mais ils ne seront construits que pendant la deuxième et la troisième phases. Après la fin des travaux, le port sera d'une profondeur de 18 mètres et pourra recevoir des navires de 80 000 tonnes. Il comprendra une capacité de conteneurs de 5 millions d'unités équivalents 20 pieds, 3 600 mètres de quais et une capacité multifonctionnelle de 4.5 millions de tonnes.

Si ces innombrables projets ne seront pas terminés avant plusieurs années, ils ont déjà un effet sur le développement de zones avoisinantes. Ainsi, on s'attend à ce que le nouveau parc industriel d'Enfidha, par exemple, bénéficie grandement de l'ouverture de l'aéroport.


« Depuis le début, la conception de la zone industrielle s'est fondée sur sa proximité de l'Aéroport d'Enfidha. Ainsi, l'intérêt suscité par notre parc industriel a considérablement augmenté depuis que le projet est terminé », a expliqué à OBG Isnardo Carta, le président-directeur général de Développement Industriel Enfidha Tunisie (Diet). « Nous avons demandé aux autorités de commencer la deuxième phase du projet, c'est-à-dire d'entamer le développement et la commercialisation des parcelles dans les zones avoisinantes parce que la première phase du parc industriel est pratiquement entièrement occupée. »
Le développement du port en eau profonde et l'Aéroport d'Enfidha sont des composantes clés du 11e plan de développement (2007-2011), une stratégie d'une valeur de 45.5 milliards de dollars lancée l'année dernière pour augmenter l'investissement dans certains secteurs économiques. Le gouvernement tunisien a également augmenté le volume d'un investissement lancé à son initiative cette année en guise de mesure pour contrer la récession des économies européennes, qui a eu un effet sur la demande pour ses exportations et ses services. Elle planifie une augmentation de 5.4% de l'investissement public en 2010.


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L’Oxford Business Group (OBG) est un cabinet d’intelligence dont la mission est de fournir aux investisseurs étrangers les informations et les indications les plus complètes sur les possibilités d’investissement dans 25 pays émergents.

L’équipe d’Oxford Business Group, composée d'analystes internationaux a débuté ses recherches en Tunisie en 2002. Ses études sont désormais indispensables à la communauté d’affaires internationale dans un contexte de compétition toujours plus ardue entre les pays émergents.


Commentaires


9 de 9 commentaires pour l'article 18629

Ali  (France)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 18h 04m |           
@outsider,
enfidha-paris sera moins court qu`un moncef bey enfidha. on verra comment ils vont rendre cet aeroport accessible

Hannibal  (Switzerland)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 10h 57m |           
تتصورو يا جماعة اللي فمة جماعة توانسة عايشين البرة حبوا يبنيو مصنع يصنعوا فيه وحدات المترو الخفيف مائة بالمائة تونسي قعدو قعدو وطبقوا ملفاتهم ورجعوا. رغم أنو ها المشروع تصديري زادة

Hannibal  (Switzerland)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 10h 53m |           
آنا انحب نفهم حاجة، وينهم رجال الأعمال التوانسة علاش ما يستثمروش في مشاريع البنية التحتية. ما لقيناهم زعام كان في الخبزة الباردة متاع العطاءات هذا كان خلات، والباقي راسو في مشروع متاع همهاما...

Jugurtha-TN  (France)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 10h 48m |           
Ce qui serait intéressant c'est le développement du transport terrestre entre les grandes villes algériennes de l'est ( constantine, annaba, tebess ... ) et les grandes villes tunisiennes ( tunis, sousse, sfax ) et le rétablissement du train entre alger et tunis ( je sais que c'est hors sujet mais bon... )
@outsider : pour l'instant les louages sont bien pratique même si ils sont crasseux et que les "louagistes" sont franchement désagréables et impolis, il ne faut pas oublier, qu'il serait difficile de remplacer ses louages et de réinsérer tout ce beau monde !
@leila, si c'est pour avoir des routes pourris comme aux usa non merci !

Outsider  (Tunisia)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 09h 49m |           
Ce qui me laisee perplexe c'est comment les autorités concernées non pas penser à préparer l'infrastructure de transport nécessaire qui assure la désserte vers et depuis le nouvel aéroport! dans l'idéal on devrait avoir une ligne ferroriviaire rapide qui assure la liaison, dans les meilleurs conditions, vers tunis, hammamet, sousse et kairouan. d'ici là contentant nous des hordes de louages crasseux et des taxis sans compteurs qui vont
remplir ce vide sidéral! un voyageur de tunis qui part à paris commencera son long périple dans la station de louages à moncef bey!!!

Leila  (United States)  |Mercredi 16 Decembre 2009 à 02h 33m |           
Il n'y a pas de miracles,il faut que les capitaux privés s'investissent d'avantage dans l'économie du pays pour que l'état puisse se consacrer à l'éssentiel:l'éducation et la santé.

LOG_TRANS  (France)  |Mardi 15 Decembre 2009 à 23h 48m |           
Ce qui fait male au coeur dans tout ces projet est qu'ils ont oublié qu'il y a une institut de transport et de la logistique qui a formé des cadres et des techniciens dans ce domaine. malheureusement pas de mesures pour favoriser l'intégration de ces jeunes diplomés dont une grande partie a reussi à s'imposer à l'étranger mais pas chez eux

STOURA  (Tunisia)  |Mardi 15 Decembre 2009 à 10h 45m |           
C'est quoi le derham tunisien ????

Tunall  (Heusenstamm, Germany)  |Mardi 15 Decembre 2009 à 09h 52m |           
De 500 millions a 850 millions :o
c bizzzzzzzzzzzzzzzarre!
(et puis changez les "dirhams" par nos fameux "dinars" tunisiens svp)