Tunisie: Diriger L'Investissement, Par l'Oxford Business Group



L’Oxford Business Group (OBG) est un cabinet d’intelligence dont la mission est de fournir aux investisseurs étrangers les informations et les indications les plus complètes sur les possibilités d’investissement dans 25 pays émergents.

L’équipe d’Oxford Business Group, composée d'analystes internationaux a débuté ses recherches en Tunisie en 2002. Ses études sont désormais indispensables à la communauté d’affaires internationale dans un contexte de compétition toujours plus ardue entre les pays émergents.



Tunisie: Diriger L'Investissement


Par L’Oxford Business Group (OBG)
20 novembre 2009

La communauté internationale a loué la résistance de la Tunisie et sa capacité à préserver sa croissance économique à l'heure de l'incertitude économique mondiale. Cependant, afin de mieux distribuer les bénéfices d'un schéma de croissance stable, le pays devra multiplier les investissements dans le secteur privé pour créer davantage d'emplois.

Le secteur financier du pays n'a pas été exposé au pire de la crise mondiale grâce à une offre de produits plutôt simple et à des liens limités avec les marchés internationaux. De plus, le fait que le dinar tunisien ne soit pas convertible garantit une certaine protection. Selon la presse locale, la croissance est restée stable : le gouvernement prévoit que celle du produit intérieur brut (PIB) atteindra les 3 à 3.5% en 2009.

De la même façon, la forte demande locale et les dépenses d'une classe moyenne importante ont contribué au maintien d'une économie équilibrée, alors que la consommation dans d'autres pays était en chute libre. « Étant donné que la demande intérieure demeure forte en Tunisie, les dépenses internes sont restées à un niveau stable, ce qui nous a aidés », a expliqué à OBG Mohamed-Hechmi Djilani, le président directeur général de Hannibal Lease.

Il existe néanmoins certains risques, notamment ceux liés à la dépendance du pays à l'égard des marchés européens, qui, eux, ont été touchés par la crise. Selon un rapport récent de Standard & Poor's, les secteurs orientés vers les exportations, tels que l'industrie mécanique et électronique ainsi que le secteur touristique, connaîtront sans doute un ralentissement; or, ces secteurs sont parmi les plus lucratifs de Tunisie.

« Les sociétés qui ont été le plus touchées dans l'industrie sont les petits sous-traitants qui recevaient des commandes des grands acteurs », a expliqué M. Djilani à OBG. « Dans la mesure où les grandes sociétés parviennent maintenant à satisfaire toutes les commandes, compte tenu de la baisse de la demande en Europe, elles ont moins de surplus de commandes à passer aux petites sociétés. » Les exportations industrielles sont à l'origine d'une grande partie des recettes de l'économie : leur valeur s'élevait à 4 milliards d'euros en 2008.

Afif Chelbi, le ministre de l'Industrie, de l'Energie et des Petites et moyennes entreprises, a déclaré que les exportations industrielles tunisiennes ont chuté de 18 points de pourcentage au cours de la première moitié de 2009, mais qu'elles ont retrouvé leur niveau d'origine au cours de l'été. Le gouvernement, d'une part, souhaite que, d'ici 2016, la contribution des exportations industrielles à l'économie s'élève à 20 milliards d'euros et, d'autre part, s'attend à attirer des investissements qui, les années précédentes, avaient été plutôt envoyés vers l'Europe de l'Est.



Cependant, certains signes montrent clairement que le pire est déjà passé en Tunisie. Le Groupe Bukhatir, un entrepreneur immobilier basé aux Emirats arabes unis, a récemment confirmé que Sports City, son énorme projet d'une valeur de 3.3 milliards d'euros, sera bel et bien réalisé à Tunis après que des doutes avaient été émis sur sa faisabilité dans un contexte de raréfaction du crédit international.





Les objectifs du gouvernement en termes de développement de l'infrastructure contribueront à la consolidation de la production tunisienne. Les médias locaux ont annoncé que, pour les années à venir, on avait prévu des autoroutes modernes, une expansion du réseau du chemin de fer, deux centrales électriques de 400MW, une nouvelle raffinerie de pétrole dans le sud du pays, ainsi qu'un port maritime en eaux profondes.

Le gouvernement a prévu environ 2.3 milliards d'euros pour plusieurs projets de développement en 2010. Cette stimulation économique est censée créer au moins 16 000 nouveaux emplois au sein du gouvernement.

Les autorités ont également d'autres projets pour améliorer l'environnement institutionnel. En effet, ces dernières ont récemment annoncé une augmentation du financement des incubateurs d'entreprises et des start-up, ainsi que l'établissement d'un cadre juridique qui leur est plus favorable. L'encouragement des start-up est perçu comme une façon de réduire le chômage, qui atteint actuellement, selon les chiffres officiels, les 14%.

Après avoir évité les pires effets du ralentissement économique international, la Tunisie est maintenant prête à en récolter quelques bénéfices. En effet, dans la mesure où la récession a mené à la mise en place de mesures de réduction des coûts sur les marchés européens, les producteurs de la zone euro se tournent vers la main-d'œuvre éduquée et les résultats stables tunisiens.

Commentaires


1 de 1 commentaires pour l'article 18267

   (Tunisia)  |Samedi 21 Novembre 2009 à 12h 02m |           
Je crois que le taux de chomage estime par l'ins a 14% ne reflete pas la realite. en effet nos recensements se basent sur les declarations des personnes rencontrees qui ne sont pas assez souvent des gens avertis pour donner la realite.
pour certains les travailleurs de certains secteurs sont consideres comme etant des chomeurs. a titre d'exemple le batiment le petit commerce l'agriculture la peche ... or il faudrait peut etre faire des recoupements avec les administrations qui ont un rapport direct ou indirect avec les salaries tels que la cnss la cnam le controle des impots etc...