Cette année, les tunisiens hésitent à profiter des soldes nationales. Les difficultés économiques pèsent lourd sur les travailleurs, qui sont peu disposés à faire des excès même avec la diminution des prix.
Les enseignes annonçant l'arrivée des soldes ornent la devanture des vitrines à travers la Tunisie toute entière, elles sont devenues la décoration commune de tous les magasins au cours des derniers jours. Les gens envahissent les magasins de mode, détaillant les marchandises, d'autres encombrent les cabines d'essayage, pour endosser leurs trouvailles variées.
Les soldes annuelles d'hiver ont commencé le 1er février, mais si les tunisiens se mettent en quête de vêtements, de produits électroniques, d'outils de cuisine ou autres biens de consommation, ils n'achètent pas nécessairement.
"La vente continue d'être médiocre malgré de gros rabais", dit Mahdi ben Mrad, propriétaire d'un commerce.
Même si les rabais permettent d'abaisser les prix de 20 à 50 pour cent ou même plus, les gens n'achètent plus comme ils le faisaient les années passées. Les experts dénoncent l'instabilité de l'économie tunisienne et mondiale. Le pouvoir d'achat en Tunisie continue à se déteriorer, même en cette période de soldes.
Mounira El Meddeb est assise seule dans son magasin de lingerie. Il est vide, aucun client ne marchande. Le magasin est généralement animé, "En particulier parce que nous sommes en début de mois".
"Les tunisiens ont acquis une haute culture de la consommation qui leur a en quelque sorte donné une immunité contre les tentations de la saison des soldes", dit Amami Mongi, cadre supérieur au département de recherche et d'études de l'Union Générale du Travail tunisien. "Et aussi", ajoute-t-il, "certains magasins n'offrent pas de rabais réels".
"En plus de cela, le pouvoir d'achat des tunisiens est en train de subir une détérioration majeure", dit Mongi, "et les clients préfèrent se diriger vers les magasins de fripes plutôt que vers le prêt-à-porter neuf".
Il ajoute que les tunisiens peuvent trouver des vêtements importés dans des magasins de seconde main, qui sont de meilleure qualité que ceux qu'ils achèteraient en période de soldes.

Les magasins tunisiens sont bondés, mais les acheteurs sont peu enthousiastes
à l'idée de dépenser autant d'argent qu'au cours des années précédentes.(photo : Jamel Arfaoui)
Azzam Mahjoub, professeur en sciences économiques, dit que l'un des problèmes qui troublent l'économie tunisienne est l'inflation. Il ajoute que les prix du pétrole et des produits alimentaires ont augmenté de manière vertigineuse, mais que les salaires sont restés les mêmes.
"Les prix élevés n'ont pas épargné les familles tunisiennes," dit Manel el Gharbi, employé dans une entreprise privée. "Tout le monde doit se conformer aux difficultés de la période et toutes les tentations sont là, sur le marché... Vous ne pouvez tout simplement pas céder à chaque fois à vos désirs".
Mondher ben Jeddou, père de quatre enfants, raconte qu'il devait subvenir aux besoins de sa famille, mais que son salaire n'y suffisait pas. Il a dû se tourner vers les banques pour emprunter.
"Les demandes de la famille ont augmenté", dit ben Jeddou, "il y a l'école, et les fêtes religieuses qui sont proches les unes des autres, et personne ne vous donne la chance de pouvoir reprendre votre souffle. Je ne vais pas refuser à mes enfants ce qui leur est tout simplement indispensable".
Selon des données publiées par le Centre National des Statistiques en 2007, ce sont plus de 3.5 millions de tunisiens qui sont endettés. Le quart de cette dette est dépensé sur des biens à la consommation.
Mais les propriétaires de magasins disent toutefois que la saison des soldes n'est pas un échec. Certains attendent cette période de l'année pour acheter des habits d'été, ou même pour se préparer à l'hiver suivant.
"Nous offrons de vrais rabais sur une bonne marchandise, contrairement à de nombreuses autres boutiques", dit Mokhtar Hennachi, vendeur de chaussures pour femmes. L'important, pendant les soldes, est d'être honnête avec les consommateurs. D'autres magasins, ajoute-t-il enfin, vendent des biens qui ne sont plus à la mode.
Par Jamel Arfaoui
Source : Magharebia
Les enseignes annonçant l'arrivée des soldes ornent la devanture des vitrines à travers la Tunisie toute entière, elles sont devenues la décoration commune de tous les magasins au cours des derniers jours. Les gens envahissent les magasins de mode, détaillant les marchandises, d'autres encombrent les cabines d'essayage, pour endosser leurs trouvailles variées.
Les soldes annuelles d'hiver ont commencé le 1er février, mais si les tunisiens se mettent en quête de vêtements, de produits électroniques, d'outils de cuisine ou autres biens de consommation, ils n'achètent pas nécessairement.
"La vente continue d'être médiocre malgré de gros rabais", dit Mahdi ben Mrad, propriétaire d'un commerce.
Même si les rabais permettent d'abaisser les prix de 20 à 50 pour cent ou même plus, les gens n'achètent plus comme ils le faisaient les années passées. Les experts dénoncent l'instabilité de l'économie tunisienne et mondiale. Le pouvoir d'achat en Tunisie continue à se déteriorer, même en cette période de soldes.
Mounira El Meddeb est assise seule dans son magasin de lingerie. Il est vide, aucun client ne marchande. Le magasin est généralement animé, "En particulier parce que nous sommes en début de mois".
"Les tunisiens ont acquis une haute culture de la consommation qui leur a en quelque sorte donné une immunité contre les tentations de la saison des soldes", dit Amami Mongi, cadre supérieur au département de recherche et d'études de l'Union Générale du Travail tunisien. "Et aussi", ajoute-t-il, "certains magasins n'offrent pas de rabais réels".
"En plus de cela, le pouvoir d'achat des tunisiens est en train de subir une détérioration majeure", dit Mongi, "et les clients préfèrent se diriger vers les magasins de fripes plutôt que vers le prêt-à-porter neuf".
Il ajoute que les tunisiens peuvent trouver des vêtements importés dans des magasins de seconde main, qui sont de meilleure qualité que ceux qu'ils achèteraient en période de soldes.

Les magasins tunisiens sont bondés, mais les acheteurs sont peu enthousiastes
à l'idée de dépenser autant d'argent qu'au cours des années précédentes.(photo : Jamel Arfaoui)
Azzam Mahjoub, professeur en sciences économiques, dit que l'un des problèmes qui troublent l'économie tunisienne est l'inflation. Il ajoute que les prix du pétrole et des produits alimentaires ont augmenté de manière vertigineuse, mais que les salaires sont restés les mêmes.
"Les prix élevés n'ont pas épargné les familles tunisiennes," dit Manel el Gharbi, employé dans une entreprise privée. "Tout le monde doit se conformer aux difficultés de la période et toutes les tentations sont là, sur le marché... Vous ne pouvez tout simplement pas céder à chaque fois à vos désirs".
Mondher ben Jeddou, père de quatre enfants, raconte qu'il devait subvenir aux besoins de sa famille, mais que son salaire n'y suffisait pas. Il a dû se tourner vers les banques pour emprunter.
"Les demandes de la famille ont augmenté", dit ben Jeddou, "il y a l'école, et les fêtes religieuses qui sont proches les unes des autres, et personne ne vous donne la chance de pouvoir reprendre votre souffle. Je ne vais pas refuser à mes enfants ce qui leur est tout simplement indispensable".
Selon des données publiées par le Centre National des Statistiques en 2007, ce sont plus de 3.5 millions de tunisiens qui sont endettés. Le quart de cette dette est dépensé sur des biens à la consommation.
Mais les propriétaires de magasins disent toutefois que la saison des soldes n'est pas un échec. Certains attendent cette période de l'année pour acheter des habits d'été, ou même pour se préparer à l'hiver suivant.
"Nous offrons de vrais rabais sur une bonne marchandise, contrairement à de nombreuses autres boutiques", dit Mokhtar Hennachi, vendeur de chaussures pour femmes. L'important, pendant les soldes, est d'être honnête avec les consommateurs. D'autres magasins, ajoute-t-il enfin, vendent des biens qui ne sont plus à la mode.
Par Jamel Arfaoui
Source : Magharebia





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