Dans une conférence de presse donnée à l’Atce, à Tunis, M. Hédi M’henni, ministre de l’Intérieur et du Développement local, a tiré au clair ce que les médias désignent depuis plus de 48 heures comme «l’affaire des explosifs».
Un bateau battant pavillon comorien, transportant une cargaison d’explosifs chargée à Gabès et destinée exclusivement à un usage civil, fruit d’une transaction régulière entre une société tunisienne et une société soudanaise, a brusquement changé de trajectoire et réclamé 10.000 dollars de plus, allant jusqu’à s’approprier une marchandise qui lui était confiée en sa qualité de transporteur.
Saisie en eaux territoriales grecques, la marchandise est qualifiée d’«équivalent d’une bombe atomique» par le ministre grec de la Marine marchande, allant jusqu’à parler de terrorisme.
M. Hédi M’henni, ministre de l’Intérieur et du Développement local, a donné, hier, au Centre de la presse internationale de l’Agence tunisienne de communication extérieure, à Tunis, une conférence de presse au sujet de ce qu’on a appelé «l’affaire des explosifs».
Le ministre de l’Intérieur et du Développement local a d’emblée critiqué les «propos excessifs et injustifiés» du ministre grec de la Marine marchande, précisant que la marchandise saisie dans les eaux territoriales grecques, à bord d’un bateau battant pavillon comorien, a effectivement été chargée à Gabès et qu’elle correspond à «une transaction légale entre une société tunisienne et une société soudanaise».
La société tunisienne est la Sotemu, Société tunisienne des explosifs et munitions, une SA ayant un capital de 10 millions de dinars (près de 7 millions d’euros) dont 47% correspondent à une participation européenne, notamment française. Cette société, vieille de 50 ans, fait le commerce de la gamme des explosifs et amorces, destinée exclusivement aux usages civils, aussi bien sur le marché tunisien qu’à l’export. «Des sociétés similaires existent dans la plupart des pays européens», a fait remarquer M. M’henni, citant, au passage, la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre… sans oublier, précisément, la Grèce.
La société soudanaise est la Integrated Chemicals and Development, domiciliée à Khartoum, avec pour objet l’importation, le stockage et la distribution des explosifs, et régulièrement enregistrée au registre du commerce de son pays.
Le marché passé entre les deux sociétés, avec l’aval des gouvernements des deux pays, concerne 680 tonnes d’explosifs et de détonateurs destinés à des usages civils classiques, comme le forage pétrolier, la construction de barrages, l’extraction minière, les carrières et les grands travaux.
Le ministre a précisé à l’adresse des nombreux journalistes de la presse nationale et internationale présents que le marché soudanais est toujours desservi en explosifs de ce type par de nombreux pays, tels que la France, l’Espagne, la Chine et peut-être bien la Grèce, «En ce moment même, a lancé M. M’henni, deux bateaux chargés d’explosifs se dirigent vers Khartoum, l’un en provenance d’un pays d’Europe occidentale, l’autre du Sud-Est asiatique». Et le ministre d’indiquer que la quantité objet du marché ne suffirait pas à un pays pour plus de deux ou trois mois. Le ministre grec de la Marine marchande, se rappelle-t-on, était allé jusqu’à affirmer, lors de sa fameuse conférence de presse, que la cargaison équivaut à une bombe atomique.
S’arrêtant sur les détails, le ministre de l’Intérieur et du Développement local a donné la date de l’autorisation d’exportation accordée par la Direction de la Réglementation au sein de son département, celle de l’embarquement de la marchandise à bord du Baltic Sky, au port de Gabès (12 et 13 mai), et celle à laquelle il était prévu que soit livrée la cargaison au port de Khartoum, soit au plus tard le 24 juin. Le ministre a indiqué que le bateau a brusquement quitté sa trajectoire, le 21 juin, pour se diriger vers la mer Noire, tout en réclamant à la Sotemu une somme de 10.000 dollars supplémentaires. Or, il se trouve qu’en date du 10 juin, l’armateur du bateau avait offert sur Internet de vendre sa cargaison, une marchandise qui lui était confiée en sa qualité de transporteur. A noter que la Sotenu, flairant le coup, a, dès le 6 juin, alerté le ministère tunisien de l’Intérieur et la marine marchande tunisienne. Craignant le pire, la société est montée d’un cran le 13 juin, déposant une plainte pour abus de confiance, auprès du procureur de la République.
Protestant vivement contre les propos du ministre grec de la Marine marchande, M. M’henni a estimé que les autorités grecques étaient sans aucun doute au courant de tout, dans la mesure où, très tôt, les autorités tunisiennes ont saisi les instances internationales, y compris Interpol.
Le ministre de l’Intérieur et du Développement local a informé les journalistes que le juge d’instruction a lancé, lundi 23 juin, des mandats d’amener contre les personnes impliquées, quelles qu’elles soient. Le juge d’instruction, qui suit l’affaire de près, va se déplacer en Grèce pour procéder à des interrogatoires sur place.
«A notre grande surprise, le ministre grec de la Marine marchande a donné une conférence de presse contenant les ingrédients d’une histoire qui frise l’imaginaire, avec des informations surprenantes et dénuées de tout fondement», a déclaré M. M’henni, décrivant le ministre grec de la Marine marchande comme étant un responsable connaissant parfaitement les circuits des transports maritimes.
Tout en reconnaissant que les autorités grecques se sont quelque peu rétractées, hier, M. M’henni a souligné la nécessité d’apporter les données qui manquaient à une opinion publique internationale inondée durant 48 heures par des informations erronées qui sont allées jusqu’à parler de terrorisme.
«Une affaire de commerce maritime classique et tout à fait banale a malheureusement été présentée comme une affaire explosive», a résumé le ministre, qui a souligné : «Il n’y a aucune raison pour des surenchères à propos du terrorisme. La Tunisie a toujours eu des positions claires et sans équivoque sur cette question, et le monde entier connaît les positions avant-gardistes du Président Zine El Abidine Ben Ali à ce propos, positions qui remontent à bien avant le 11 septembre et auxquelles se rallient de nombreux pays.»
En conclusion, M. M’henni a estimé que l’on doit éviter de parler de terrorisme avec cette légèreté. Lorsqu’il s’agit de ces questions graves, il faut que soient à l’ordre du jour la sagesse, la rigueur et la pondération, car le terrorisme qui menace la sécurité internationale est une affaire sérieuse.
Source:La presse
Un bateau battant pavillon comorien, transportant une cargaison d’explosifs chargée à Gabès et destinée exclusivement à un usage civil, fruit d’une transaction régulière entre une société tunisienne et une société soudanaise, a brusquement changé de trajectoire et réclamé 10.000 dollars de plus, allant jusqu’à s’approprier une marchandise qui lui était confiée en sa qualité de transporteur.
Saisie en eaux territoriales grecques, la marchandise est qualifiée d’«équivalent d’une bombe atomique» par le ministre grec de la Marine marchande, allant jusqu’à parler de terrorisme.
M. Hédi M’henni, ministre de l’Intérieur et du Développement local, a donné, hier, au Centre de la presse internationale de l’Agence tunisienne de communication extérieure, à Tunis, une conférence de presse au sujet de ce qu’on a appelé «l’affaire des explosifs».
Le ministre de l’Intérieur et du Développement local a d’emblée critiqué les «propos excessifs et injustifiés» du ministre grec de la Marine marchande, précisant que la marchandise saisie dans les eaux territoriales grecques, à bord d’un bateau battant pavillon comorien, a effectivement été chargée à Gabès et qu’elle correspond à «une transaction légale entre une société tunisienne et une société soudanaise».
La société tunisienne est la Sotemu, Société tunisienne des explosifs et munitions, une SA ayant un capital de 10 millions de dinars (près de 7 millions d’euros) dont 47% correspondent à une participation européenne, notamment française. Cette société, vieille de 50 ans, fait le commerce de la gamme des explosifs et amorces, destinée exclusivement aux usages civils, aussi bien sur le marché tunisien qu’à l’export. «Des sociétés similaires existent dans la plupart des pays européens», a fait remarquer M. M’henni, citant, au passage, la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, l’Angleterre… sans oublier, précisément, la Grèce.
La société soudanaise est la Integrated Chemicals and Development, domiciliée à Khartoum, avec pour objet l’importation, le stockage et la distribution des explosifs, et régulièrement enregistrée au registre du commerce de son pays.
Le marché passé entre les deux sociétés, avec l’aval des gouvernements des deux pays, concerne 680 tonnes d’explosifs et de détonateurs destinés à des usages civils classiques, comme le forage pétrolier, la construction de barrages, l’extraction minière, les carrières et les grands travaux.
Le ministre a précisé à l’adresse des nombreux journalistes de la presse nationale et internationale présents que le marché soudanais est toujours desservi en explosifs de ce type par de nombreux pays, tels que la France, l’Espagne, la Chine et peut-être bien la Grèce, «En ce moment même, a lancé M. M’henni, deux bateaux chargés d’explosifs se dirigent vers Khartoum, l’un en provenance d’un pays d’Europe occidentale, l’autre du Sud-Est asiatique». Et le ministre d’indiquer que la quantité objet du marché ne suffirait pas à un pays pour plus de deux ou trois mois. Le ministre grec de la Marine marchande, se rappelle-t-on, était allé jusqu’à affirmer, lors de sa fameuse conférence de presse, que la cargaison équivaut à une bombe atomique.
S’arrêtant sur les détails, le ministre de l’Intérieur et du Développement local a donné la date de l’autorisation d’exportation accordée par la Direction de la Réglementation au sein de son département, celle de l’embarquement de la marchandise à bord du Baltic Sky, au port de Gabès (12 et 13 mai), et celle à laquelle il était prévu que soit livrée la cargaison au port de Khartoum, soit au plus tard le 24 juin. Le ministre a indiqué que le bateau a brusquement quitté sa trajectoire, le 21 juin, pour se diriger vers la mer Noire, tout en réclamant à la Sotemu une somme de 10.000 dollars supplémentaires. Or, il se trouve qu’en date du 10 juin, l’armateur du bateau avait offert sur Internet de vendre sa cargaison, une marchandise qui lui était confiée en sa qualité de transporteur. A noter que la Sotenu, flairant le coup, a, dès le 6 juin, alerté le ministère tunisien de l’Intérieur et la marine marchande tunisienne. Craignant le pire, la société est montée d’un cran le 13 juin, déposant une plainte pour abus de confiance, auprès du procureur de la République.
Protestant vivement contre les propos du ministre grec de la Marine marchande, M. M’henni a estimé que les autorités grecques étaient sans aucun doute au courant de tout, dans la mesure où, très tôt, les autorités tunisiennes ont saisi les instances internationales, y compris Interpol.
Le ministre de l’Intérieur et du Développement local a informé les journalistes que le juge d’instruction a lancé, lundi 23 juin, des mandats d’amener contre les personnes impliquées, quelles qu’elles soient. Le juge d’instruction, qui suit l’affaire de près, va se déplacer en Grèce pour procéder à des interrogatoires sur place.
«A notre grande surprise, le ministre grec de la Marine marchande a donné une conférence de presse contenant les ingrédients d’une histoire qui frise l’imaginaire, avec des informations surprenantes et dénuées de tout fondement», a déclaré M. M’henni, décrivant le ministre grec de la Marine marchande comme étant un responsable connaissant parfaitement les circuits des transports maritimes.
Tout en reconnaissant que les autorités grecques se sont quelque peu rétractées, hier, M. M’henni a souligné la nécessité d’apporter les données qui manquaient à une opinion publique internationale inondée durant 48 heures par des informations erronées qui sont allées jusqu’à parler de terrorisme.
«Une affaire de commerce maritime classique et tout à fait banale a malheureusement été présentée comme une affaire explosive», a résumé le ministre, qui a souligné : «Il n’y a aucune raison pour des surenchères à propos du terrorisme. La Tunisie a toujours eu des positions claires et sans équivoque sur cette question, et le monde entier connaît les positions avant-gardistes du Président Zine El Abidine Ben Ali à ce propos, positions qui remontent à bien avant le 11 septembre et auxquelles se rallient de nombreux pays.»
En conclusion, M. M’henni a estimé que l’on doit éviter de parler de terrorisme avec cette légèreté. Lorsqu’il s’agit de ces questions graves, il faut que soient à l’ordre du jour la sagesse, la rigueur et la pondération, car le terrorisme qui menace la sécurité internationale est une affaire sérieuse.
Source:La presse





Abdelhalim Hafed - ãæÚæÏ
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