APA - Pékin (Chine) – Le consultant directeur des relations avec l’Afrique auprès du Comité d’organisation des Jeux olympiques de Pékin, le Sénégalais Djamil Faye, fait le point pour APA de la participation du continent. Rencontré dans son bureau, sis au Village olympique de Pékin, il répond aux trois questions.
Question : 10 600 athlètes vont participer au JO de Pékin. Quelle est la proportion d’Africains dans ce lot ?
Réponse : Mon estimation personnelle, c’est au tour de 900 athlètes. Pour le moment, on a pu faire 80 pour cent des inscriptions de délégations africaines.
En général, avant d’accéder au Village olympique, le chef de mission de chaque délégation doit faire le point avec le Comité d’organisation pour arrêter la liste des athlètes qualifiés éligibles.
Pour les Jeux de Pékin, je pense que l’Afrique est moins représentée qu’au Jeux d’Athènes (en 2004), dans la mesure où elle a perdu certaines équipes dans des disciplines comme le volley-ball le handball ou le water-polo.
Cette régression est liée, à mon avis, à diverses causes.
La première, c’est qu’il y a aujourd’hui un système de qualification qui n’est pas très favorable à l’Afrique du fait que chaque fédération sportive internationale a ses propres critères. Par exemple, il y a des fédérations qui ont des quotas établis pour l’Afrique, comme la boxe. Ce quota est pratiquement égal à celui des autres continents.
Mais il y a aussi d’autres sports, comme le baseball et le water polo où la qualification se fait à l’échelle internationale.
En réalité, on a un niveau très faible par rapport à certain pays et on du mal à être représenté dans certaines disciplines sportives.
La deuxième raison c’est qu’on ne travaille pas assez en Afrique. C’est malheureux à dire, mais c’est la réalité. Il y a pas mal de pays qui, n’arrivant pas à qualifier des athlètes, comptent sur les invitations (du Comité international olympique).
D’autres pays africains n’ont aucune politique sportive. La plupart des gouvernements africains n’investissent pas dans le sport. Le budget consacré au sport dans la majorité des pays africains est au dessous de 0,8 pour cent.
Il y a beaucoup de travail à faire au niveau des Etats africains, des fédérations nationales, des comités olympiques et des écoles aussi.
Il faut prendre en charge les enfants très tôt, construire des centres d’entraînement et fixer des objectifs sportifs à moyen et long terme.
Question :Quelles sont les chances africaines dans ces JO de Pékin ?
Réponse : Elles sont très homogènes qu’on peut facilement les identifier. On a un pool de presque huit pays qui fait en moyenne 35 médailles. Ce qui n’est nullement représentatif pour tout le continent.
En majorité, dans l’athlétisme, il y a des chances de médailles pour le Kenya, le Maroc, l’Ethiopie, le Nigeria aussi pour le sprint.
Il y a des chances pour le Maroc et la Zambie dans la boxe ; l’Afrique du Sud dans certaines disciplines, le Zimbabwe dans la natation.
On a un Malien champion du monde en taekwondo (Modibo Keita). Il peut créer la surprise.
Le problème, c’est que l’Afrique est l’un des rares continents où on ne se fixe pas d’objectifs sportifs. C’est malheureux.
Question :Vous vivez au quotidien la préparation des JO depuis septembre 2007 que vous êtes à Pékin. Quelles impressions cela pourrait inspirer à l’Afrique dans ses efforts d’organisation ?
Réponse : Beaucoup d’efforts ont été déployés au niveau de l’organisation. La qualité des infrastructures mises en place est impressionnante. C’est assez extraordinaire et grandiose. C’est à la dimension de la Chine. Un autre pays ne pourrait plus faire la même chose.
J’ai vu plusieurs villages olympiques, mais celui de Pékin est le plus pratique. Lorsqu’une délégation arrive, elle n’éprouve aucun problème pour s’y installer.
Aussi, les gens sont motivés pour ces Jeux. C’est extraordinaire. J’ai vu une ville de Pékin en perpétuel changement.
Je pense que ça peut être un modèle de développement pour nous les Africains. Il faudrait qu’on réfléchisse pour amener nos pays à ce type de développement, je dirais très intelligent, avec les moyens disponibles.
Il faut repenser l’approche africaine. En Afrique, on veut le top du top pour pouvoir faire fonctionner quelque chose. Ici, c’est une autre démarche. Les gens chérissent le travail. Il y a un sentiment patriotique très fort. Ils fonctionnent avec ce qu’ils ont. Des fois, je dirais avec des moyens très réduits.

Question : 10 600 athlètes vont participer au JO de Pékin. Quelle est la proportion d’Africains dans ce lot ?
Réponse : Mon estimation personnelle, c’est au tour de 900 athlètes. Pour le moment, on a pu faire 80 pour cent des inscriptions de délégations africaines.
En général, avant d’accéder au Village olympique, le chef de mission de chaque délégation doit faire le point avec le Comité d’organisation pour arrêter la liste des athlètes qualifiés éligibles.
Pour les Jeux de Pékin, je pense que l’Afrique est moins représentée qu’au Jeux d’Athènes (en 2004), dans la mesure où elle a perdu certaines équipes dans des disciplines comme le volley-ball le handball ou le water-polo.
Cette régression est liée, à mon avis, à diverses causes.
La première, c’est qu’il y a aujourd’hui un système de qualification qui n’est pas très favorable à l’Afrique du fait que chaque fédération sportive internationale a ses propres critères. Par exemple, il y a des fédérations qui ont des quotas établis pour l’Afrique, comme la boxe. Ce quota est pratiquement égal à celui des autres continents.
Mais il y a aussi d’autres sports, comme le baseball et le water polo où la qualification se fait à l’échelle internationale.
En réalité, on a un niveau très faible par rapport à certain pays et on du mal à être représenté dans certaines disciplines sportives.
La deuxième raison c’est qu’on ne travaille pas assez en Afrique. C’est malheureux à dire, mais c’est la réalité. Il y a pas mal de pays qui, n’arrivant pas à qualifier des athlètes, comptent sur les invitations (du Comité international olympique).
D’autres pays africains n’ont aucune politique sportive. La plupart des gouvernements africains n’investissent pas dans le sport. Le budget consacré au sport dans la majorité des pays africains est au dessous de 0,8 pour cent.
Il y a beaucoup de travail à faire au niveau des Etats africains, des fédérations nationales, des comités olympiques et des écoles aussi.
Il faut prendre en charge les enfants très tôt, construire des centres d’entraînement et fixer des objectifs sportifs à moyen et long terme.
Question :Quelles sont les chances africaines dans ces JO de Pékin ?
Réponse : Elles sont très homogènes qu’on peut facilement les identifier. On a un pool de presque huit pays qui fait en moyenne 35 médailles. Ce qui n’est nullement représentatif pour tout le continent.
En majorité, dans l’athlétisme, il y a des chances de médailles pour le Kenya, le Maroc, l’Ethiopie, le Nigeria aussi pour le sprint.
Il y a des chances pour le Maroc et la Zambie dans la boxe ; l’Afrique du Sud dans certaines disciplines, le Zimbabwe dans la natation.
On a un Malien champion du monde en taekwondo (Modibo Keita). Il peut créer la surprise.
Le problème, c’est que l’Afrique est l’un des rares continents où on ne se fixe pas d’objectifs sportifs. C’est malheureux.
Question :Vous vivez au quotidien la préparation des JO depuis septembre 2007 que vous êtes à Pékin. Quelles impressions cela pourrait inspirer à l’Afrique dans ses efforts d’organisation ?
Réponse : Beaucoup d’efforts ont été déployés au niveau de l’organisation. La qualité des infrastructures mises en place est impressionnante. C’est assez extraordinaire et grandiose. C’est à la dimension de la Chine. Un autre pays ne pourrait plus faire la même chose.
J’ai vu plusieurs villages olympiques, mais celui de Pékin est le plus pratique. Lorsqu’une délégation arrive, elle n’éprouve aucun problème pour s’y installer.
Aussi, les gens sont motivés pour ces Jeux. C’est extraordinaire. J’ai vu une ville de Pékin en perpétuel changement.
Je pense que ça peut être un modèle de développement pour nous les Africains. Il faudrait qu’on réfléchisse pour amener nos pays à ce type de développement, je dirais très intelligent, avec les moyens disponibles.
Il faut repenser l’approche africaine. En Afrique, on veut le top du top pour pouvoir faire fonctionner quelque chose. Ici, c’est une autre démarche. Les gens chérissent le travail. Il y a un sentiment patriotique très fort. Ils fonctionnent avec ce qu’ils ont. Des fois, je dirais avec des moyens très réduits.





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