Sommet de l'OCI : Le leadership africain à la tête de l’OCI



Six des neuf secrétaires généraux qui ont, à ce jour, dirigé l’Organisation de la conférence islamique sont des fils d’Afrique et près de la moitié des sommets ordinaires de l’OCI, exactement cinq sur les onze, se sont tenus en terre d’Afrique, notent les observateurs.

Au total, l’Organisation n’est sortie des mains africaines, que pendant ses premières années d’existence, à l’occasion de sa seizième année et plus récemment, à l’âge adulte, avec l’arrivée du professeur Turc le Dr. Ekmeleddin Ihsanoglu, en exercice depuis son élection en 2005.


Exception faite de l’actuel secrétaire général, du Malais Tunku Abdul Rahman qui en a guidé les premiers pas de 1971 à 1973, et du Pakistanais Sharifuddin Pirzada (1985–1988), le leadership institutionnel a été africain sur 31 des 39 années d’existence de l’OCI.

Deux Sahéliens, le Sénégalais Amadou Karim Gaye (1975-1979) et le Nigérien Hamid Algabid (1989-1994), ont piloté l’organisation islamique pendant neuf ans, soit près du tiers des années africaines. Ce n’est pas hasard, notent les mêmes observateurs, qui relèvent que douze des dix-sept pays subsahariens de l’OCI, sont ouest africains.

Le reste de ce leadership africain a été marqué par la brève parenthèse Machrekie assurée par l’Egyptien Hassan Touhami (resté une seule année, de 1974 à 1975) et surtout, les «années maghrébines».

Il s’agit notamment, du quinquennat du Tunisien Habib Chatty et du double mandat marocain assuré respectivement par les Dr Azeddine Laraki (1997-2000) et Abdoulwahed Belkeziz (2001-2004), prédécesseur de l’actuel secrétaire général.

Cette place prépondérante de l’Afrique - maghrébine et sahélienne notamment - se retrouve jusque dans le choix des lieux des conférences au sommet, la plus haute instance de décision politique de l’Organisation.

Les observateurs notent que les Egyptiens offriraient à l’Afrique son sixième sommet, si le Caire enregistrait une suite favorable à sa proposition faite le 5 mars dernier, par la voix de leur ministre des Affaires étrangères, Naela Gabr, d’accueillir le douzième sommet triennal de l’organisation islamique, à l’horizon 2012. Ce serait la moitie des douze sessions ordinaires tenus en 43 ans.

Déjà le Sénégal (en 1991, puis 2008) et le Maroc par trois fois, notamment au sommet constitutif de Rabat (1969) et aux deux sommets de Casablanca à dix années d’intervalle (le quatrième de 1984 et le septième de 1994) confèrent à l’Afrique une convivialité islamique jusqu’ici inégalée.

Mais toute médaille à son revers. Les observateurs les plus attentifs de la scène diplomatique soulignent que ce leadership et le poids numérique de l’Afrique, ne lui ont guère permis pour autant, d’abriter un nombre significatif d’organes et institutions qui donnent en fait son souffle à l’OCI.

On peut compter, relèvent-ils, sur les doigts d’une seule main, les démembrements de l’OCI installés en terre d’Afrique sur la trentaine d’organes subsidiaires et d’institutions «spécialisées» ou «affiliées».

La plupart des structures stratégiques de l’organisation islamique sont en effet prioritairement installées dans la péninsule arabique, entre la Mecque et Djeddah qui en abrite le siège depuis la création.

On ne trouve guère en Afrique, que le l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture (à Rabat) et le Centre islamique pour le développement du commerce (à Casablanca) tous deux au Maroc, l’Organisation du croissant rouge (en Libye) et deux universités islamiques, l’une à Niamey, au Niger et l’autre à Mbale, en Ouganda.

Mais n’est-ce pas lié au poids réel dont pèse ce continent sur les coûts de fonctionnement des structures islamiques ?
APA

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