Forum économique de Jeddah: Les pays Golf et la parité avec le dollar



Prenant la parole dans le cadre du Forum économique de Jeddah, en Arabie Saoudite, Alan Greenspan, l’ancien président de la Fed a affirmé que la parité avec le dollar restreint la possibilité de contrôler l’inflation en contraignant les pays de la région à adopter une politique monétaire parallèle à celle des USA au moment où la Fed baisse ses taux pour prévenir un ralentissement économique.

Le débat fait rage dans la région sur les méthodes qui permettraient de juguler l’inflation.
Celle-ci atteint 7% en Arabie Saoudite, au plus haut niveau depuis 19 ans, et 9,3% dans les Emirats Arabes Unis pour l’année 2006.

Parité flottante ?
« A court terme, une parité flottante... ne dissipera pas entièrement les pressions inflationnistes, mais elle y concourrait significativement, » a déclaré M. Greenspan.
Les dirigeants des banques centrales de l’Arabie Saoudite et des Emirats Arabes Unis (EAU) sont favorables au maintien de la parité, mais le Cheikh Hamad bin Jassim bin Jabr al-Thani, le premier ministre qatariote, pousse a entreprendre une réforme monétaire régionale afin de prévenir une réaction en ordre dispersé sous la forme de réévaluations destinées à lutter contre l’inflation.
Selon le gouverneur de la banque centrale saoudienne, Hamad Saud al-Sayyari, l’adoption d’une parité flottante pour le Riyal ne pourrait convenir à une économie basée sur l’exportation du pétrole.
« Une parité flottante est bénéfique lorsque l’économie et les exportations sont diversifiées...alors que le royaume reste tributaire de l’exportation d’une seule matière première, » rappelle-t-il.
Attirer les investisseurs
Le Sultan Nasser al-Suweidi, le gouverneur de la banque centrale des EAU , a également pris la défense de la parité avec le dollar, lors d’une conférence qui s’est déroulée à Abu Dhabi ce lundi.
Il a déclaré que cette politique permettait d’attirer les investisseurs étrangers vers les états du Golfe.
« Elle a été très favorable à nos économies car elle a permis d’accroître les flux de capitaux. »
Le Qatar, qui connaît l’inflation la plus haute de la région avec 13,74%, envisage de réévaluer le riyal qatari pour lutter contre celle-ci.
Le taux de change contribue pour 40% à l’inflation du Qatar, où l’on estime que le riyal est sous-évalué de 30%.
La position du Qatar
« Nous préférons agir de concert avec tous les membres du Conseil de Coopération du Golfe, » a précisé le Cheikh Hamad.
Le Qatar occupe à l’heure actuelle la présidence de cette organisation.
« L’heure est venue pour le Golfe d’avoir sa propre devise, » juge-t-il.
Le Cheikh Hamad estime que cette devise devrait être « semblable au yen ou aux autres devises. « »
La Deutsche Bank a estimé le mois dernier que le Qatar et les EAU allaient probablement rompre leur lien avec le dollar et déterminer leur parité à partir d’un panier de devises, comme le Koweït l’a fait en mai dernier.

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