Le Premier ministre marocain affirme que le Maroc « mobilisera ses moyens pour récupérer Ceuta et Mellila »



Le Premier ministre Abbas El Fassi a affirmé lundi après-midi, s’adressant aux membres de la chambre basse, que le Maroc « continuera à mobiliser ses moyens pour récupérer » Ceuta et Mellila et les îles avoisinantes sous occupation espagnole.

El Fassi a qualifié la visite du Roi d’Espagne Juan Carlos entamée ce lundi aux « présides occupés » d’ « inadmissible et d’inopportune », estimant qu’elle ne « changera rien à la réalité », celle de « l’appartenance historique, géographique et juridique, des deux villes et des îles méditerranéennes au Maroc ».


« Des lignes rouges » sont évidentes, selon le Premier ministre, « relatives à l’intégrité territoriale du Maroc qui ne sauraient être transgressées et que notre voisin l’Espagne devrait prendre conscience que l’ère de la colonisation est définitivement révolue ».

Abbas El Fassi a estimé que cette visite du souverain espagnol qu’il a qualifié de « regrettable » tente de « rattacher l’Espagne aux cicatrices du passé et porte atteinte au texte et à l’esprit du traité d’amitié, de coopération et de bon voisinage » conclu entre les deux pays en 1991.

« Nous demeurons convaincus qu’il serait opportun pour l’Espagne de liquider ce problème hérité du passé colonial afin d’édifier un avenir commun basé sur la coopération et le bon voisinage », a notamment mis en exergue El Fassi.

APA a appris par ailleurs que les présidents des deux chambres du parlement marocain ont adressé, ce lundi, une lettre de protestation à l’ambassadeur d’Espagne à Rabat dans laquelle ils ont exprimé « l’indignation » de l’hémicycle à propos de la visite du Roi Juan Carlos, la première depuis son intronisation en 1975.

Ils ont également exprimé leur « profonde irritation de cette initiative provocatrice » appelant Madrid à « cesser de nuire au Maroc ».

Ce lundi, plusieurs villes marocaines ont connu des sit-in et des manifestations houleuses contre cette visite aux deux villes sous occupation espagnole depuis 1497.

De Agadir (sud) à Casablanca (centre) aux postes frontaliers de Ceuta (nord) et Mellila (nord est), des milliers de manifestants ont été unanimes à exprimer leur « grogne » et leur « vigoureuse condamnation » de cette visite.

Des slogans de protestations ont été scandés, des heures durant, et des centaines de banderoles brandies par des manifestants qui ont vu en cette visite « un signe d’affront », « un geste provocateur» et « une atteinte indélébile » à « l’amour propre des Marocains ».

Au poste frontalier de Ceuta, APA a constaté lundi matin, une manifestation de plus de cinq mille Marocains contre la visite de Juan Carlos.

Les manifestants ont décrié haut et fort cette visite, scandant des slogans déployant des centaines de banderoles au moment même où le Roi d’Espagne commençait sa visite à Ceuta, à moins d’un kilomètre du poste frontalier.

« Aucun marchandage sur l’unité territoriale », « non au colonialisme », « libérons Ceuta et Mellila », ont scandé les manifestants.

Dimanche soir, des milliers de Marocains de la ville de Tétouan (à 30 km de Ceuta), qui symbolise la résistance marocaine face à l’occupant espagnol (de 1912 à 1956), avaient manifesté devant le consulat d’Espagne.

Le gouvernement marocain avait exprimé, jeudi, son rejet et sa réprobation de cette visite du souverain espagnol, la première du genre depuis plus de 80 ans.

En guise de protestation, le Maroc a rappelé en consultation son ambassadeur à Madrid pour une période indéterminée, sur décision du Roi Mohammed VI.

Le Maroc n’a cessé depuis son indépendance en 1956 de revendiquer sa souveraineté sur les deux villes et les îles situées sur le littoral méditerranéen.

En 1960, à l’occasion de la déclaration universelle sur la décolonisation devant l’Assemblée générale des Nations Unies, Rabat a appelé à mettre un terme à « la présence espagnole coloniale ».

Depuis l’adhésion de l’Espagne à la communauté européenne en 1986, le Royaume chérifien a régulièrement émis des réserves dans tous les traités et conventions conclus avec l’Union Européenne pour « la préservation de la position légale du Maroc » à l’égard de cette question.

Le Maroc avait également proposé en 1987 de mettre en place une cellule de concertations avec l’Espagne pour trouver une issue à ce « vieux dossier » de décolonisation.
APA


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