Steve Clemons, journaliste bien introduit dans les cercles de Washington, croit pouvoir affirmer que Bush n’est pas décidé à attaquer l’Iran. Tout risque n’est cependant pas écarté, dit-il. Cheney et les néoconservateurs poursuivent leurs efforts en faveur de la solution militaire, et l’hypothèse d’un « incident manigancé » provoquant l’escalade vers la guerre reste très inquiétante.
Steve Clemons, journaliste bien introduit dans les cercles de Washington, évalue dans son dernier article publié par Salon les scénarios étudiés à Washington.
Alors que de nombreux « insiders » sont persuadés d’assister aux préparatifs d’une frappe contre l’Iran, Clemons croit pouvoir affirmer que les chefs militaires ont convaincu Bush de l’infaisabilité de l’attaque, lors d’une réunion tenue en décembre 2006, et ceci pour deux raisons :
1) Le manque de renseignements fiables sur d’éventuels programmes secrets iraniens interdit de garantir à coup sûr la destruction de l’ensemble des installations nucléaires.
« Bush a conscience que les renseignements dont disposent les USA sur l’Iran sont faibles. Sans même parler de leurs lacunes en Irak, l’échec des services de renseignement sur les armes de destruction massive a créé un très gros problème de crédibilité. »
2) Les capacités de riposte « dévastatrices » de l’Iran, qui rendent cette opération extrêmement périlleuse.
« Bush sait que l’armée US est utilisée à son maximum et que le bombardement de l’Iran ne serait pas un affaire facile. Les représailles dans le Golfe contre les forces US et la capacité de l’Iran à couper les lignes de ravitaillement des 160 000 troupes déployées en Irak aujourd’hui, pourraient mettre gravement en péril l’armée. »
Clemons décrit ainsi la position qu’il pense être celle de Bush :
« En résumé, Bush ne prévoit pas d’escalade en direction d’un confrontation militaire directe avec l’Iran, tout au moins pas maintenant - et sans doute pas ultérieurement. Le coût en serait trop élevé, et il reste de nombreuses options à tenter avant de recourir à la pire d’entre-elles. »
Devons nous être rassurés ? Pas complètement si l’on en croit Clemons, car :
« Ce dont nous devrions nous préoccuper, ce sont des efforts constants des néocons pour restaurer une influence affaiblie. Ils craignent désormais que l’évolution des évènements et des opinions n’empêche que cette attaque qui semblait un temps « quasiment inévitable » n’ait lieu. Ils savent qu’il leur faut maintenir la pression sur Bush et poursuivre leur campagne médiatique en faveur de la guerre.
C’est exactement ce qu’ils font, en organisant en septembre et octobre une série de réunions de l’American Enterprise Institute, au sujet de l’Iran et de l’Irak, afin de renforcer le camp des faucons partisan de l’interventionisme en Irak et d’une frappe militaire destinée à provoquer un changement de régime en Iran. »
Clemons évoque enfin l’hypothèse, maintes fois formulée par de nombreuses personnalités politiques américaines de Brzezinski à Roberts, d’un « incident arrangé » sur le type de celui du Golfe du Tonkin, provoquant le déclanchement des hostilités.
« Nous devrions également nous inquiéter au sujet d’un scénario du type de celui agité par David Wurmser, c’est à dire une provocation manigancée. Une guerre accidentelle provoquerait rapidement une escalade, « sifflant la fin du jeu » dit Wurmser, arrachant alors la décision des équipes de diplomates, du renseignement et de l’armée qui entourent le président. Un incident de ce type serait vraisemblablement déclenché par l’un ou l’autre - ou les deux - des deux dirigeants qui verraient leur fortune politique s’accroître en cas de conflit : Dick Cheney et le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad.
C’est ce type de déclanchement de la guerre qui est bien plus probable, et dont nous devrions nous inquiéter beaucoup plus. »
Source :Contre Info
Steve Clemons, journaliste bien introduit dans les cercles de Washington, évalue dans son dernier article publié par Salon les scénarios étudiés à Washington.
Alors que de nombreux « insiders » sont persuadés d’assister aux préparatifs d’une frappe contre l’Iran, Clemons croit pouvoir affirmer que les chefs militaires ont convaincu Bush de l’infaisabilité de l’attaque, lors d’une réunion tenue en décembre 2006, et ceci pour deux raisons :
1) Le manque de renseignements fiables sur d’éventuels programmes secrets iraniens interdit de garantir à coup sûr la destruction de l’ensemble des installations nucléaires.
« Bush a conscience que les renseignements dont disposent les USA sur l’Iran sont faibles. Sans même parler de leurs lacunes en Irak, l’échec des services de renseignement sur les armes de destruction massive a créé un très gros problème de crédibilité. »
2) Les capacités de riposte « dévastatrices » de l’Iran, qui rendent cette opération extrêmement périlleuse.
« Bush sait que l’armée US est utilisée à son maximum et que le bombardement de l’Iran ne serait pas un affaire facile. Les représailles dans le Golfe contre les forces US et la capacité de l’Iran à couper les lignes de ravitaillement des 160 000 troupes déployées en Irak aujourd’hui, pourraient mettre gravement en péril l’armée. »
Clemons décrit ainsi la position qu’il pense être celle de Bush :
« En résumé, Bush ne prévoit pas d’escalade en direction d’un confrontation militaire directe avec l’Iran, tout au moins pas maintenant - et sans doute pas ultérieurement. Le coût en serait trop élevé, et il reste de nombreuses options à tenter avant de recourir à la pire d’entre-elles. »
Devons nous être rassurés ? Pas complètement si l’on en croit Clemons, car :
« Ce dont nous devrions nous préoccuper, ce sont des efforts constants des néocons pour restaurer une influence affaiblie. Ils craignent désormais que l’évolution des évènements et des opinions n’empêche que cette attaque qui semblait un temps « quasiment inévitable » n’ait lieu. Ils savent qu’il leur faut maintenir la pression sur Bush et poursuivre leur campagne médiatique en faveur de la guerre.
C’est exactement ce qu’ils font, en organisant en septembre et octobre une série de réunions de l’American Enterprise Institute, au sujet de l’Iran et de l’Irak, afin de renforcer le camp des faucons partisan de l’interventionisme en Irak et d’une frappe militaire destinée à provoquer un changement de régime en Iran. »
Clemons évoque enfin l’hypothèse, maintes fois formulée par de nombreuses personnalités politiques américaines de Brzezinski à Roberts, d’un « incident arrangé » sur le type de celui du Golfe du Tonkin, provoquant le déclanchement des hostilités.
« Nous devrions également nous inquiéter au sujet d’un scénario du type de celui agité par David Wurmser, c’est à dire une provocation manigancée. Une guerre accidentelle provoquerait rapidement une escalade, « sifflant la fin du jeu » dit Wurmser, arrachant alors la décision des équipes de diplomates, du renseignement et de l’armée qui entourent le président. Un incident de ce type serait vraisemblablement déclenché par l’un ou l’autre - ou les deux - des deux dirigeants qui verraient leur fortune politique s’accroître en cas de conflit : Dick Cheney et le président Iranien Mahmoud Ahmadinejad.
C’est ce type de déclanchement de la guerre qui est bien plus probable, et dont nous devrions nous inquiéter beaucoup plus. »
Source :Contre Info





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