Le général Petraeus préconise un retrait d’Irak, mais à long terme



Le général David Petraeus, commandant en chef des forces alliées en Irak, a conseillé un premier retrait de troupes, sans toutefois expliquer comment les ةtats-Unis pourraient réduire nettement leurs effectifs en évitant un basculement de ce pays dans la guerre civile.
Accompagné de l’ambassadeur US à Bagdad, Ryan Crocker, le plus haut gradé états-unien en Irak a estimé devant le Congrès que les progrès accomplis en Irak en matière de sécurité grâce aux renforts envoyés cette année autoriseraient le retour au pays d’environ 30 000 GI’s d’ici l’été 2008.
« Les objectifs militaires de l’envoi de renforts sont largement atteints », a-t-il assuré, disant avoir constaté « globalement des améliorations au niveau de la sécurité » en Irak, où sont actuellement stationnés 168 000 GI’s.
Selon lui, un premier retrait de troupes pourrait ainsi avoir lieu avant la fin de l’année, suivi de réductions progressives pour « parvenir à la mi-juillet au niveau d’avant l’envoi de troupes supplémentaires », soit 130 000 hommes, a-t-il assuré.

Mais la perspective de ce retrait n’est pas vraiment une surprise, soulignent les analystes. Les ةtats-Unis n’auraient pas pu maintenir une force de 160 000 soldats au-delà du mois d’août 2008 sans rallonger la durée des missions des troupes en Irak, fixée à 15 mois.
« Ce retrait va arriver de toute façon, si nous ne rallongeons pas la rotation de nos troupes en Irak », estime le lieutenant-général en retraite Robert Gard. Quant à la proposition de faire revenir dès le mois de décembre une brigade de combat, soit environ 4 000 hommes, ce n’est qu’un simple « biscuit » à l’intention du sénateur républicain John Warner, qui avait récemment appelé le président Bush à faire revenir des troupes d’ici Noël, juge l’ancien officier.
Au total, le général Petraeus a évoqué lundi le retrait d’ici mi-2008 de cinq brigades sur vingt, soit un quart des forces US présentes sur le sol irakien.
Et « les réductions de troupes se poursuivront au-delà », a-t-il estimé, tout en prévenant qu’« il serait prématuré de faire aujourd’hui des recommandations sur leur rythme », et en repoussant au mois de mars toute décision sur la question.
« L’expérience nous a montré à plusieurs reprises que se projeter trop loin dans l’avenir était non seulement difficile mais aussi dangereux », a-t-il conclu. Les services de renseignement états-uniens ont récemment prévenu que les progrès enregistrés sur le front de la sécurité en Irak risquaient d’être balayés en l’absence de renforts, laissant planer le spectre d’une guerre civile entre groupes confessionnels.
« ہ mon sens, la grande interrogation est de savoir si l’on peut maintenir les mêmes progrès avec un nombre plus réduit de brigades », commente Kenneth Pollack, expert au centre de recherche indépendant Brookings Institution. « Sinon, quelle est la prochaine étape ? Changer de stratégie ? De tactique ? Rallonger les rotations ? Qu’est ce qui va permettre de maintenir le même degré de progrès sans pouvoir compter sur le même nombre de soldats et les procédures utilisées jusqu’alors ? », s’interroge-t-il.
Réseau Voltaire

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