Cultures Sud, au Musée du Quai Branly



Par Fériel Berraies Guigny. Paris
Le printemps des poètes bat son plein en ce mois de mars et cette fois ci, le rendez vous est donné au Musée du Quai Branly. La poésie et sa lecture sont à l’honneur du 10 au 11 mars 2007, dans ce haut lieu où trônent les Arts d’Afrique. C’est dans la salle Kerchache, lieu d’histoire et de rencontres civilisationnelles, qu’une série de lectures poétiques ont eu lieu. Lieu parlant par le seul objet qui prend vie, pour nous rappeler qu’il n’y a pas plus grande richesse, que la diversité de l’autre.
Venu d’ailleurs, ce pont entre les hommes, est un rappel constant que l’Art devient parole, même si les idiomes et les coutumes sont autres.
16h, le samedi 10 Mars, « Messagers d’amour dans la poésie du monde entier » un medley poétique. Une séance magistrale, récitée par le comédien et auteur Jean Luc Debattice, accompagné par Mimi Lorenzini, guitariste.

De Senghor, à Francis Bebey, David Diop, Philippe Draperi, Oumar Khayam, Abu Nawas, Al Farazdaq, Mahmoud Darwich, Pablo Neruda, à Octavio Paz et tant d’autres.

A 17h, présentation et lancement de la revue Cultures Sud, par Nathalie Philippe, responsable d’édition à Cultures France et rédactrice en chef de la revue. La revue des littératures du Sud,
publie dans son dernier numéro les grandes voix du Sud. Hommage aux legs littéraires qui ont formé nos contemporains et qui rappellent une nouvelle fois, le foisonnement de toute une création littéraire, venue des territoires du soleil.
14 poètes francophones mis à l’honneur pour avoir marqué leur temps mais également les consciences intellectuelles. Comme une bataille ardente pour la culture noire et faisant fi des assimilations, ces auteurs ont vécu et écrit la négritude, d’Aimé Césaire, à Senghor ou à de Chazal.

Pour un voyage merveilleux à travers le verbe,
Tahar Bekri auteur contemporain nord africain, rappelle l’incroyable diversité géoculturelle de la terre Afrique, par la seule force de ses rencontres poétiques. L’Afrique du Nord longtemps séparée de l’Afrique Subsaharienne, retrouve avec Cultures France, la place qui lui revient.
La séance de lecture commencera par les œuvres de l’auteur, avec son dernier recueil « Si la musique doit mourir ». Le poème Afghanistan, choisi d’entre tous, rappelle les vicissitudes de la violence de la guerre et de l’anéantissement de l’autre « si ton regard est celui de la poussière, comment peux tu aimer le soleil dans ta tanière » ?
Ensuite recueillement, avec « Senghor à Bel Air » cri de deuil pour un grand qui n’est plus et que le temps et l’indifférence humaine ont plongé dans l’anonymat. En 2002, se recueillant sur la tombe du défunt, Tahar Bekri a écrit cette élégie. « … de Dakar à Carthage, mes paupières ouvertes et si meurtries ». Si l’histoire fait les hommes, certaines ne peuvent s’en défaire.
Rappel également de l’amitié, avec Mohamed Dib, auteur algérien, avec le poème Nouakchott et qui se souviendra de la mer.
Un rendez vous poétique qui nous a transporté vers divers autres horizons, dont celui d’ Aimé Césaire, et de Pablo Neruda. Rappel, de l’incroyable dynamisme international du vers et des mots.


Crédits :
Article de Presse : Fériel Berrais Guigny. Paris
Remerciements à Tahar Bekri
Et Nathalie Philippe de Culture France
www.culturesfrance.com




Fériel Berraies Guigny

www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr