La plainte de Kadhafi contre des journaux nigériens, dénoncée par les éditeurs de presse



APA- L’association nigérienne des éditeurs de la presse indépendante (ANEPI) a désapprouvé mercredi par la voix de son secrétaire général, Laouel Salaou Ismaël, la plainte pour diffamation, déposée par le guide libyen, contre trois journaux privés du Niger.

Selon Salaou Ismaël « cette plainte déposée par Mouammar Khadafi ne vise ni plus ni moins qu’à anéantir les journaux qu’il accuse de le diffamer, au regard de l’énormité de la somme exigée pour réparation".


« Le guide libyen doit admettre qu’au Niger, nous avons une loi portant régime de la liberté de la presse. C’est elle, en plus de la loi fondamentale, qui nous garantit cette liberté de ton dans le respect de l’éthique et de la déontologie » a-t-il martelé.

Dans sa plainte déposée en début de semaine contre les journaux « L’événement », « L’Action » et « Canard déchaîné », le guide libyen a demandé à un seul de ces journaux, la somme de 100 millions de FCFA au titre de dommages.

Le dirigeant libyen accuse ces hebdomadaires de l’avoir diffamé, lorsqu’ils ont traité dans leurs colonnes, de son présumé soutien au rebelles du Mouvement des nigériens pour la justice (MNJ) ainsi qu’à une tentative de morcellement d’une partie du territoire nigérien ».

« Ces journaux n’ont rapporté que ce beaucoup de voix avaient déjà soutenu dans les milieux politiques, tout comme dans la société civile » a rétorqué le secrétaire général de l’ANEPI.

Pour lui « les éditeurs de la presse indépendante nigérienne vont se liguer et ne fléchiront pas, car Kadhafi doit accepter qu’il y a la liberté de la presse ».

« S’il (Khadafi) détient les preuves de la diffamation, il doit les apporter avant de faire une réclamation pécuniaire qui ne viserait qu’à abattre ces journaux , a-t-il insisté.

Le procès qui oppose le guide libyen à ces journaux nigériens est prévu pour le 28 septembre prochain à Niamey, la capitale nigérienne.

Ces dernières semaines, plusieurs voix se sont élevées dans les milieux sociopolitiques nigériens pour accuser nommément le dirigeant libyen de soutenir les rebelles du MNJ pour « empêcher toute recherche minière » dans la région d’Agadez, frontalière de la Libye.