Washington cherche partiellement à passer le relais en Irak



Des sources politiques et diplomatiques concordantes affirment que l’administration Bush a mis les dernières touches à son nouveau plan d’action en Irak à la veille de son bras de fer avec le Congrès à la lumière du rapport qui sera présenté par le chef des troupes d’occupation états-uniennes, le général David Petraeus.
Le coup d’envoi de cette nouvelle approche a été donné avec le vote au Conseil de sécurité, à l’initiative de Washington et de Londres, d’une résolution élargissant le rôle des Nations unies en Irak. On assiste en même temps à un retour de la France sur la scène irakienne avec la visite-surprise à Bagdad du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Bien que le Quai d’Orsay ait tenté de rectifier ses propos au Parisien demandant le remplacement du Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, il est clair que le chef de la diplomatie française inaugure une page nouvelle dans l’engagement de son pays en Irak après une absence de plusieurs années.
Soumis à de fortes pressions de la part des Occidentaux qui souhaitent son départ, M. al-Maliki a enregistré un point, dimanche, en parrainant un accord entre cinq grandes formations politiques, dont le Parti islamique irakien (sunnite), pour jeter les bases de la réconciliation nationale.
Selon des sources fiables, les ةtats-Unis pourraient confier à la France le soin d’organiser une nouvelle conférence régionale et internationale sur l’Irak qui serait accompagnée de l’annonce d’une réduction des GI’s après une vaste campagne médiatique louant la « réussite » de la nouvelle stratégie de Bush dans le pays des deux fleuves. Des allégations démenties par le bilan élevé des pertes US et la poursuite des opérations de la Résistance qui n’ont pu être enrayées malgré l’augmentation des effectifs, décidée en février dernier. Bien au contraire, confrontés à de graves difficultés, les ةtats-Unis assistent avec impuissance au renforcement des relations entre le gouvernement d’al-Maliki d’un côté, l’Iran et la Syrie de l’autre.

Dans ce tableau surréaliste, les journalistes états-uniens ressortent, avec une pointe d’ironie, les articles et les études des analystes néo-conservateurs qui avaient affirmé que Washington projetait d’utiliser l’Irak comme tremplin afin de renverser les régimes iraniens et syriens.
Réseau Voltaire

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