Abdullah Gul élu président en dépit de l’opposition des « défenseurs de la laïcité »



Elu président de la Turquie mardi par le Parlement en dépit de l’opposition des « défenseurs de la laïcité » les plus sourcilleux, Abdullah Gul, issu de la mouvance islamiste, a pris ses fonctions après avoir juré fidélité à la République laïque.
« Je jure devant la grande nation turque d’être fidèle à la démocratie et à la République laïque et d’accomplir mon devoir impartialement », a déclaré M. Gül, lisant devant les députés un texte inclus dans la Constitution.
L’épouse de M. Gül, Hayrunnisa, dont le voile islamique est perçu par le camp laïque comme une expression de défiance de la laïcité, n’a pas assisté à la cérémonie.
Les hauts dignitaires de l’état-major et les députés du Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate), inflexibles « défenseurs de la laïcité », étaient également absents.

Après avoir prêté serment, le nouveau président a insisté dans un discours sur son engagement à défendre la séparation entre l’ةtat et la religion.
« La République turque est un ةtat démocratique, laïque et social basé sur l’ةtat de droit (...) je travaillerai avec détermination pour protéger et renforcer tous ces principes, a-t-il déclaré. Le principe de laïcité est à la fois un modèle qui assure la liberté pour différents modes de vie et une règle de paix sociale », a-t-il ajouté.
Il s’est ensuite rendu au palais présidentiel pour une brève cérémonie de passation de pouvoirs avec le président sortant, Ahmet Necdet Sezer.
M. Gül a recueilli le soutien de 339 des 550 députés au Parlement, dominé par son Parti de la justice et du développement (AKP), bien au delà de la majorité absolue de 276 voix requises pour être élu.
La presse turque appelait unanimement le nouveau président à tenir ses promesses d’impartialité et de respect de la laïcité, condition indispensable selon elle d’une réconciliation entre franges religieuse et laïque de la société. « M. Gül, n’oubliez jamais ce serment », a titré le quotidien libéral Radikal, faisant allusion au serment prononcé conformément à la Constitution par le nouveau président.
« Son premier discours a été sur la laïcité », a noté le quotidien à grand tirage Hurriyet, reproduisant en Une le texte du serment, comme un rappel des engagements pris.
« Une mission historique attend le président Gül », a commenté Hurriyet. « Il s’agit de transformer les dommages et traumatismes sociaux créés par cette élection en un avantage historique. En d’autres termes, il doit persuader les gens pour qui la fidélité à la laïcité passe avant tout qu’il est aussi fidèle qu’eux à ce principe ».
Réseau Voltaire

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