La dette des ménages en forte hausse



Une nouvelle culture du crédit a fait son apparition, marquée par un rapide changement de comportement des tunisiens qui adoptent un mode de consommation plus proche de celui des pays plus développés. Le logement représente la principale source d’endettement en Tunisie. Alors que 80% des tunisiens sont propriétaires, le remboursement des crédits à l’habitat pèse près de 40% du revenu disponible des ménages, selon la presse locale. Les appartements les plus abordables ne descendent pas en dessous de la barre des 50,000 dinars (38,212 dollars), ce qui oblige les tunisiens à contracter des emprunts à long terme. Les banques, qui profitent de la progression de ce marché, convertissent, dans la plupart des cas, les plans d’épargne existants en prêts immobiliers. Ces plans, qui s’étalent généralement sur une période de 2 à 6 ans selon la banque et le type de plan, permet à la clientèle d’économiser entre 5,000 dinars (3,800 dollars) et 40,000 dinars (30,500 dollars), qui servent à financer, par la suite, une partie de l’achat, diminuant ainsi la somme empruntée. Mais le tableau du crédit ne se résume pas au logement, et bien que la culture repose, aujourd’hui encore, sur l‚épargne plutôt que sur le crédit,

Les prêts à la consommation ont enregistré une forte progression en 2006, et ont soutenu un taux record en matière de dépenses ménagères. Les tunisiens ont de plus en plus recours au crédit pour des biens tels que l’électronique, les produits ménagers et l’ameublement.


Les consommateurs s’habituent très vite aux facilités de paiement et aux comptes créditeurs. La quasi totalité des commerces offre des plans de remboursement à long terme (allongés sur 36 mois, et parfois plus) et certains magasins signalent que plus de 80% de leur clientèle ont recours au crédit pour effectuer leurs achats.

Désormais, une variété de produits tels que les vêtements, les mariages, les fêtes religieuses, et même les cours privés sont financés grâce à ces services. Cette pratique, qui n'a rien de nouveau, a été démocratisée en 2002 par le géant de la distribution BATAM qui, depuis lors, a du fermer ses portes suite à son implication dans un scandale financier. Mais les banques s’intéressent aussi à ce marché porteur, et font concurrence aux magasins en offrant un palette de produits similaires afin d’encourager les consommateurs à ouvrir des crédits chez eux.

Aux offres classiques, telles que les prêts automobiles et immobiliers, s’ajoutent le crédit immédiat et les offres plus spécialisées, telles que le très populaire prêt bancaire pour l’acquisition d’un ordinateur proposé par la grande majorité des banques ou bien le prêt étudiant. Par conséquent, on observe une hausse des crédits à la consommation.
Selon les chiffres publiés par la banque centrale à l’occasion d’une conférence consacrée à ce sujet en septembre 2006, le nombre total de crédits à la consommation aurait doublé depuis 2003 et s’élèverait à 3,95 milliards de dollars.

Une étude plus approfondie montre qu'un peu plus de la moitié de cette somme, soit 2,05 milliards de dollars, soit destinée aux dépenses ménagères, contre 60% en 2003 ce qui veut dire que les tunisiens n’hésitent pas à recourir au crédit pour d’autres achats comme la voiture, l’ameublement et les biens d’équipement.

Ces chiffres, néanmoins, ne prennent pas en compte les crédits magasin. Malgré cette progression rapide, il semblerait que la majorité des tunisiens reste prudente.

Le nombre total de la population active endettée s’élèverait à 668,000 en 2006, contre 50,000 en 2003, pour une population totale de 10 millions environ.

Aucun chiffre n’a été publié concernant les particuliers ou les ménages surendettés, mais le total doit être minime car le pourcentage de recouvrements de crédits bancaires problématiques est infime. Le nombre de retards de remboursement aux crédits magasins est apparemment plus élevé. Les commerçants préfèrent, la plupart du temps, trouver un compromis et entretenir des relations amicales avec leurs clients, et de tels cas sont rarement portés en justice.
Source : Oxfordbusiness group


Oxfordbusiness group est un cabinet conseil britannique, auteur des rapports annuels portant sur une analyse complète et approfondie de l’économie tunisienne et dont la publication de « Emerging Tunisia 2007 » est attendue au mois de mai

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