« Pourquoi pas » ? Une école mobile de la deuxième chance en Afrique



Par Fériel Berraies Guigny. Paris
L’Association Pourquoi pas ? a pour vocation de réinsérer les enfants jugés difficiles, qu’ils soient en échec scolaire, ou qu’ils vivent des situations familiales ou sociales précaires. Le Conseil Général de Seine et Marne, LA DGAS de Seine et Marne et des éducateurs ont misé sur dix enfants, qui ont été choisis à travers toute la France, pour effectuer une année scolaire en Afrique Subsaharienne. Un périple en vue de leur faire apprendre certaines valeurs humaines et sociales et ainsi les responsabiliser devant le groupe social. Pour ces enfants en danger moral et social, cette école est une chance inespérée. C’est véritablement, l’école de la Seconde chance.
Chacun de ces enfants a une histoire pénible, mais nous choisirons de respecter leur anonymat et leur vie privée, pour ne parler que de la noble entreprise de l’Association. Pendant toute l’année 2006 à juin 2007, une école mobile se déplace en Afrique Noire. Un périple à la Robinson Crusoé, digne des plus grands aventuriers, qui doit les conduire du Banc D’Arguin à la Casamance.
Trois pays seront visités, la Mauritanie, le Mali et le Sénégal. En l’absence de cours pour le mois de novembre et décembre, l’école Mobile s’est installée en Casamance, depuis quelques mois. L’intérêt de la Casamance, située au milieu des Bolongs, était de faire bénéficier les jeunes par rapport à un site relativement à l’écart de la population et des touristes, tout en bénéficiant d’une forte mobilité. Une pirogue stationnée prés du campement, permettait de naviguer dans les Bolongs, d’aller sur des îles, les petits villages, alors que les 4x4s stationnés dans le village à proximité du campement, permettait de bénéficier d’une mobilité sur les terres pour aller vers Cap Skiring ou Ziguinchor.

Le périple Sénégalais, a conduit les jeunes de Tambacounda à la Casamance, du 30 décembre au 27 janvier 2007. Du 2 au 9 janvier, visite mémorable au parc de Niokolo Koba.

Durant ce séjour, les élèves apprennent à pêcher, préparent leur nourriture, aménagent et construisent les campements. Ces activités outre la responsabilisation, leur permettent de développer l’attention, la réflexion, le calcul et l’anticipation. Des visites pédagogiques viennent aussi se greffer au menu, visites de musées, de barrages hydroélectriques etc. Toutes ces activités s’inscrivent dans une dynamique de partage, de travail en commun à l’intérieur du groupe. Mais à l’extérieur du groupe, les élèves apprennent aussi à interagir avec les villageois, en participant à des projets dans les villages, afin de consolider le sentiment de cohésion et la dynamique du groupe social.
Ces enfants, dont la plupart ont eu des démêlés avec la justice, apprennent les règles, le respect, et se voient contraints de s’ouvrir aux autres, et de s’adapter.


Les journées de pistes sont des occasions pour l’écoute, le partage. Les feux de campements, la collecte quotidienne du bois, la construction des cabanes, chasser pour manger, sont des devises que le groupe s’efforce de cultiver au quotidien. Celle-ci est la seconde expérience de l’Association Pourquoi pas, et l’école mobile devrait retourner au bercail d’ici juin 2007.



Fériel Berraies Guigny

www.journaliste.montaf.com
feriel.book.fr